Mercredi 4 novembre, à 1000 jours de la 10e édition des Gay Games qui se tiendront à Paris du 4 au 12 août 2018, se tenait une conférence de presse à l’Hôtel de Ville. Aux côtés de Manuel Picaud, co-président de Paris 2018, Bruno Julliard, premier adjoint à la Maire de Paris, Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Ile-de-France, et Thierry Braillard, secrétaire d’État aux Sports se sont succédés à la tribune pour réitérer leur soutien et leur implication dans cet événement.

Le compte à rebours des 1000 jours avant l’ouverture des prochains Gay Games a été lancé à la fois par une vidéo surprise de l’escrimeuse Laura Flessel, ambassadrice de l’événement, mais aussi en direct par l’une des marraines de l’événement, Maguy Nestoret-Ontanon, ancienne athlète de haut niveau, nommée en 2014 par Najat Vallaud-Belkacem (à l’époque ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports) auprès du Directeur des Sports pour y piloter une action de lutte contre l’homophobie dans le sport. Elle vient ajouter son nom à la liste des parrains et marraines de Paris 2018 qui compte deux autres nouvelles recrues, Ophélie David, médaillée d’argent aux derniers mondiaux de ski cross, et Emeline Ndongue, basketteuse de l’équipe de France. Pierre Bergé, Jean Paul Gaultier, ainsi que Jean-Paul Cluzel comptent aussi parmi les soutiens de ces Gay Games.

1000 JOURS
Après le succès des Gay Games de Cleveland en 2014, il reste donc 1000 jours aux organisateurs/trices pour permettre à 15000 participant.e.s et 40000 spectateurs/trices de profiter de Paris 2018 et d’en faire «un succès populaire, sportif et culturel» comme le souhaite Bruno Julliard. Ce sont 1000 jours pendant lesquels de nombreuses échéances vont se succéder. L’une d’entre elles est «la finalisation et la signature d’ici la fin de l’année de l’ensemble des infrastructures qui seront utilisées à Paris et en Ile-de-France», explique à Yagg Manuel Picaud. «Aujourd’hui nous avons 80% des infrastructures qui sont confirmées», ajoute-t-il, citant en particulier le stade Jean Bouin, les Arènes de Lutèce ou le tout nouveau stade nautique de Vaires-sur-Marne. Ainsi, à la fin de l’année 2015, «l’ensemble du programme concernant les 36 sports représentés, les 14 événements culturels, le cycle de conférence, les fêtes et les cérémonies sera approuvé et effectif», précise le Président de Paris 2018. Viendra ensuite la mise en service d’un site dédié aux inscriptions qui seront officiellement ouvertes lors du TIP (Tournoi International de Paris) en mai 2016.

Reposant sur des centaines de bénévoles, toute l’organisation de cet événement nécessite un budget de (seulement) 7 millions d’euros. À titre d’exemple, le budget prévu pour de potentiels Jeux olympiques à Paris en 2024 serait d’environ 6 milliards d’euros. Comme l’a rappelé Manuel Picaud lors de la conférence de presse, «80 % du budget vient du secteur privé». Ce fonctionnement s’appuie notamment sur la création de la fondation Inclusion Paris 2018, abritée par la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE), dont l’objectif est de financer jusqu’à 40% du budget de l’événement. De leur côté, les participant.e.s devraient alimenter 25% du budget grâce aux droits d’inscription tandis que 20% devraient venir des spectateurs/trices. Cela permet au financement public de ne contribuer qu’à hauteur de 15% au budget global.

DRESS CODE
Sous le slogan «All Equal» (Tous égaux), les Gay Games portent des valeurs qui reposent sur un DRESS Code dont l’acronyme signifie Diversité, Respect, Egalité, Solidarité et Sharing (partage). Trente-trois ans après leur création à San Francisco par Tom Waddell, décathlonien, docteur, gay et séropositif, les Gay Games reposent toujours sur l’idée que le sport peut réunir tout le monde. «Aujourd’hui, cette manifestation est devenue le plus grand événement sportif et culturel ouvert à tou.t.e.s» selon Manuel Picaud.

«Chaque participant.e y remporte une victoire sur soi et sur ses éventuels préjugés. Qu’il ou elle soit gay, lesbienne, bi.e, trans’ ou hétéro, valide ou en situation de handicap, amateur/trice ou professionnel.lle, jeune adulte ou vétéran.e, chacun apprend le respect des différences» affirme le Président de Paris 2018.

 


 
PARIS, VILLE «GAY-FRIENDLY» ET VILLE D’ACCUEIL
«C’est un événement dont nous partageons les valeurs d’égalité des droits, de lutte contre les discriminations. Nous souhaitons que Paris assume son statut de ville gay-friendly», confie Bruno Julliard à Yagg. Selon le premier adjoint à la Maire de Paris, cela passe «par le soutien de ce genre d’événement mais aussi par le soutien au milieu associatif avec une politique très dynamique et volontariste de lutte contre les discriminations». Il ajoute concernant le milieu sportif que «les témoignages d’homophobie sont très nombreux et tout ce qui peut être fait pour passer des ambitions affichées par certaines fédérations sportives aux actes doit être fait (…) et si les Gay Games permettent de franchir une étape, cela sera très heureux». Pour Jean-Paul Huchon, ces Gay Games sont aussi un moyen de donner une image positive et humaniste de Paris: «Dans le monde dangereux et violent dans lequel nous vivons, nous réaffirmons que Paris et la France sont une terre de tolérance où chacun peut s’exprimer». Une volonté que partage aussi Bruno Julliard: «On a envie de montrer que l’hospitalité et la volonté d’accueillir des événements et des populations est une volonté politique et militante de la part de la Ville et de donner l’image d’une ville accueillante pour toutes les manifestations internationales culturelles ou sportives». Et qui sait si Paris 2018 pourra aussi servir de coup de pouce pour l’obtention des JO de 2024? «Si cela peut nous aider alors nous sommes preneurs/euses.»