Le blogueur people Perez Hilton avait l’habitude de répéter: «Si vous êtes connu, ne faites pas une sextape, elle ressortira toujours!». C’est encore plus vrai pour une vidéo porno tournée par un studio spécialisé, comme vient de l’apprendre à ses dépends le boxeur américain Yusaf Mack.

Ce dernier, originaire de Philadelphie, est apparu dans une vidéo du studio Dawgpoundusa – qui fait appel exclusivement à des modèles noirs – mise en ligne fin 2014. La scène, intitulée Holiday Hump’n, est un plan à trois. Mack y apparaît sous le nom de «Philly». Comme le souligne Rich Juzwiak, de Gawker, le film n’est pas un chef d’œuvre du genre et le boxeur n’a pas l’air d’être l’amant du siècle.

Il y a quelques semaines, quelques sites ont repéré la vidéo et Yusaf Mack a dû se justifier. Comme il ne pouvait pas nier que c’était bien lui dans la vidéo, vu que ses tatouages sont très reconnaissables, il a d’abord déclaré qu’on lui avait fait croire qu’il allait tourner avec des femmes, puis qu’on l’avait drogué. Il aurait ensuite repris connaissance dans le train qui le ramenait chez lui et aurait découvert 4500 dollars dans sa poche. «Toute ma vie, j’ai été un baiseur. J’aime les femmes. Les seules fois où je touche un homme c’est sur un ring de boxe lors d’un combat», crânait-il au passage.

EFFET STREISAND
Effet Streisand garanti. Davantage de médias se sont donc intéressés à l’affaire et beaucoup se sont amusés de cette défense pour le moins bancale. D’autant qu’on a vite retrouvé le compte Twitter personnel du boxeur et qu’un coup d’œil aux favoris montrait un intérêt non négligeable pour la gent masculine. Chez Dawgpoundusa, on n’est pas du genre à cracher sur un peu de publicité: Holiday Hump’n s’est retrouvé à nouveau en bonne place sur la page d’accueil du site. En revanche, le studio a  démenti avec force qu’elle droguait ses acteurs et a précisé qu’elle poursuivrait le boxeur en justice.

La menace judiciaire a dû porter ses fruits puisque selon plusieurs médias, Yusaf Mack a diffusé un long communiqué dans lequel, il présente ses excuses et fait un coming-out bi.

«Je n’ai jamais dit du mal de l’entreprise qui a produit le film, même si avoir prétendu que j’avais été drogué pour le faire était un mensonge. J’étais totalement conscient pendant le tournage», affirme-t-il pour commencer.

Il s’explique, ensuite:

«J’ai participé à ce film pour adultes parce qu’à l’époque j’avais besoin d’argent, mais aussi parce que je suis un homme bisexuel. Ce qui signifie que je peux avoir des relations intimes avec n’importe quelle personne de mon choix.»

«TABOU EXTRÊME»
Il précise la raison de son mensonge: «Ma vie a été complètement détruite lorsqu’on a révélé que j’avais tourné dans un film gay. J’ai tenté égoïstement de masquer la vérité et de rester dans le déni plutôt que d’accepter que je menais une double vie. Après avoir réfléchi au bazar que j’avais créé, j’ai réalisé que j’avais blessé beaucoup des gens que j’aime et déçu ceux auxquels je tiens le plus. C’était injuste et il était temps d’être honnête. Je veux dire à mes enfants [il en a 10] et à mon ex-fiancée que je suis désolé. Je suis désolé d’avoir été un lâche et de vous avoir caché une partie de ma vie.»

Il pointe ensuite du doigt l’homophobie à laquelle sont confrontées de nombreuses autres personnes comme lui:

«Il y a d’autres hommes et d’autres femmes qui sont dans le même type de situation et cette histoire pourra vous encourager à être vous-même. Le tabou extrême et les critiques très dures que doivent subir celles et ceux qui ont des relations avec les personnes de même sexe, en particulier lorsqu’on est un homme afro-américain, rendent très compliquée la possibilité d’être honnête et à l’aise avec soi-même. Mais je me suis rappelé que j’étais un champion, que je sais me battre et que je surmonterai ça. Je suis davantage que mon orientation sexuelle.»

Pas si mal, pour un coming-out forcé.