Il y a tout juste deux ans, en novembre 2013, la Grèce était condamnée par la CEDH (Cour européenne des droits de l’Homme) pour n’avoir réservé ses «pactes de vie commune» qu’aux couples hétérosexuels. Promesse du candidat Alexis Tsipras en janvier dernier, la loi sur le partenariat civil pour tous les couples refait surface sur la scène politique grecque.

Après Riga en 2014 et avant Chypre en 2016, c’était au tour d’Athènes de recevoir la conférence annuelle 2015 de l’Ilga-Europe. Du 28 au 31 octobre, quelque 450 associations LGBT européennes de 53 pays se sont réunies autour d’un thème: «Many voices, One movement – Together, mobilised for a just society» («Plusieurs voix, un mouvement: ensemble, mobilisé.e.s pour une société juste»). L’occasion pour le ministre grec de la Justice, Nikos Paraskevopoulos, d’annoncer qu’une consultation publique sera lancée cette semaine. Une consultation qui ne concerne pas uniquement le partenariat civil mais qui s’étend également à la suppression d’articles du code pénal qui permettent une discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, comme par exemple sur l’âge de consentement, ainsi qu’à l’amélioration de la législation concernant les crimes haineux.

En ouverture de cette 19e conférence annuelle de l’Ilga-Europe, le maire d’Athènes, Yiorgos Kaminis, n’a d’ailleurs pas manqué d’évoquer son désir de pouvoir prochainement unir civilement des couples homosexuels. Mais l’événement le plus significatif reste sans doute la signature par six des plus grands partis politiques grecs d’une déclaration d’intention: Syriza, le Pasok, Nouvelle Démocratie, Dimar, la Rivière (Potami) et Enosi Kentroon. Parmi eux, les deux partis – Syriza et Nouvelle Démocratie – arrivés en tête des dernières élections législatives. Les Grecs indépendants (droite souverainiste) tout comme Aube Dorée (parti néo-nazi) n’avaient pas été invités à signer au regard de leurs positions homophobes et transphobes. Cette déclaration engage les signataires à faire voter la loi sur le partenariat civil, à débuter une réforme de la loi sur la famille, à reconnaitre légalement l’identité de genre et à combattre les discriminations.

Une signature que Paulo Corte Real, le co-président de l’Ilga-Europe, espère voir suivie d’effet: «Avec le soutien de tous les grands partis politiques, les autorités grecques ont un mandat et la responsabilité d’améliorer la situation juridique et politique des personnes LGBTI en Grèce. Nous espérons que le gouvernement va donner la priorité aux promesses qu’il a faites lors de notre Conférence», déclare-t-il dans un communiqué.

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