Pour la première fois en France, un tribunal a reconnu l’existence d’un sexe neutre. C’était à Tours en août dernier et cela concernait une personne intersexe. Même si le sujet est différent, l’émission «Interception» sur France Inter a fait le lien et s’est intéressé ce dimanche aux parcours des personnes trans. Plusieurs ont témoigné au micro de Sandrine Etoa-Andegue

Flora: «Depuis l’âge de 6 ans je ne me sentais pas bien dans mon corps. Je me lavais dans le noir ce corps ne m’appartenait pas.»

 

 

Michèle: J’ai 52 ans, née dans la Somme, Picarde bien affranchie.Toute ma vie, avant 45 ans, j’étais vraiment bien, mariée avec des enfants. Ma vie a basculé. C’est des choses qui vous arrivent, ce sont des symptômes, ce sont des signes. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivais.

 

Siméo:  En vertu de quoi une personne que je n’ai jamais rencontré estime que oui ou non, j’ai le droit d’être l’homme que je revendique être? C’est en dix minutes qu’une personne prend une décision qui impacte toute votre vie.

Clemence Zamora-Cruz, porte parole de l’Inter LGBT: «On est dans les bas-fonds des droits humains puisque nous sommes la seule population à qui on demande la stérilisation. C’est une espèce de chantage. Soit vous vous faites stériliser et vous obtenez des papiers. Soit vous ne le faites pas et vous ne les obtenez pas.»

Lisa: «J’avais un métier masculin, mécanique auto. Se relancer dans la vie active après une démission, en disant qu’on s’appelle Lisa, qu’on a des papiers masculins, et qu’on veut du travail. Et bien, il n’y a pas 50 employeurs qui acceptent de nous embaucher alors qu’on n’a pas de déficience particulière hormis qu’on ne se sent pas bien dans notre genre de base.

Coline Neves, porte parole du collectif Existrans: Ce qui est terrible, c’est que ces démarches elles font que l’État nous dit: « Vous n’êtes pas responsable de qui vous êtes. Nous, on sait mieux que vous qui vous êtes, on va regarder si votre corps est bien normé, si votre comportement social est bien normé »…

 

En fin d’émission, Erwann Binet, député socialiste de l’Isère et auteur avec Pascale Crozon, députée socialiste du Rhône, d’une proposition de loi sur le changement d’état civil, est venu la défendre. Mais la plupart des associations trans l’ont rejetée, la jugeant inadaptée à la situation.

Pour écouter l’émission dans son intégralité: