Femmes trans’ et anciennes détenues, Catalina, Natalia et Hafida ont raconté leur histoire au journaliste Florian Bardou dans une enquête publiée sur Streetpress. Trois parcours qui révèlent les conditions de leur détention et les graves atteintes aux droits et à la dignité des personnes trans’ incarcérées en France. «Rien n’est fait pour les personnes transgenres» affirme l’une d’elles: «Condamnée pour “exhibition sexuelle”, puis incarcérée en décembre 2012, Catalina raconte avoir été placée dans un quartier spécifique “à part” pour les trans’ et les homos. “Un quartier ‘protégé’, dédié de façon générale aux personnes susceptibles d’être fragilisées en détention”, assure le ministère de la Justice et l’administration pénitentiaire (…) “On m’a remis des vêtements, des produits d’hygiène et un rasoir pour homme”, poursuit l’ex-détenue, sur le moment désemparée. Le tout sous le regard de surveillants – et non de surveillantes – alors qu’en théorie, selon le ministère, des mesures existent pour que “l’apparence physique de la personne détenue concernée [soit] prise en compte pour déterminer le sexe du personnel pénitentiaire chargé de la mise en œuvre de la mesure”.»

Actuellement, l’administration pénitentiaire respecte rarement les droits les plus élémentaires de ces femmes, ni leurs besoins médicaux et sanitaires, comme par exemple l’accès à leur traitement hormonal: «Impossible également de cantiner du maquillage, des produits de beauté ou un fer à lisser, poursuit la jeune femme. “Pour me maquiller, j’utilisais les crayons de couleur des ateliers de dessins”, se souvient, elle, Catalina. L’accès à certains ateliers, les vêtements de femmes, les soins spécifiques et les traitements hormonaux leur ont aussi été accordés (ou pas) au bon vouloir de l’administration. “J’étais la seule à avoir accès aux hormones, j’ai toujours eu accès à un médecin, mais la majorité n’avait pas cette chance”, confie Natalia.»

L’article rapporte enfin que les insultes et les remarques transphobes sont monnaie courante dans les prisons, du côté des détenus comme de celui du personnel, comme le raconte Hafida: «C’était des moqueries tous les jours, une infirmière qui te dit que tu es malade et qu’il faut revenir à la raison, un surveillant qui fait exprès que tu croises un autre détenu pour voir comment tu te fais insulter, etc»

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