Yagg profite de la Journée Internationale de la Bisexualité pour partager l’excellente prise de parole de l’actrice américaine Evan Rachel Wood dans laquelle elle rappelle l’importance de promouvoir la visibilité de la communauté bisexuelle pour lutter contre les préjugés. Dans une longue série de tweets, la jeune femme, ouvertement bisexuelle, s’est appuyé sur plusieurs constats de l’organisation Human Rights Campaign (HRC) qui mettent en lumière la vulnérabilité de ce groupe: «La réalité c’est que les personnes bisexuelles font face à des discriminations non seulement hors de notre communauté mais aussi en son sein, et cela peut les empêcher de s’engager et de bénéficier du travail que les militant.e.s LGBT font pour évoquer notre santé mentale, physique, sexuelle.»

«Les personnes bisexuelles sont le plus grand groupe de la communauté LGBT, pourtant nous sommes à peine reconnu.e.s», écrit-elle avant de citer à nouveau Human Rights Campaign: «Les adultes bisexuel.le.s ont un taux de dépression deux fois plus élevé que les hétérosexuel.le.s, et sont plus susceptibles d’adopter des comportements auto-destructeurs, y compris des tentatives de suicides.»

Sollicitée après ces quelques tweets, Evan Rachel Wood s’est engagée dans un échange bien plus personnel: «En fait je suis divorcée et j’ai un fils et peu importe la personne avec qui je suis, je suis toujours bisexuelle. Je peux vous assurer que quelles que soient les accusations de privilège hétéro que je reçois parfois, c’est effacé par la biphobie. Souvenez-vous, la bisexualité ne veut pas dire à mi-chemin entre être homo et être hétéro. C’est une identité en soi. Je crois que dans certains cas, les gens ne veulent pas être étiquetés car ils ont honte d’être bisexuels. Et cela doit cesser. Je me suis battue avec moi-même une grande partie de ma vie car je n’étais pas assez homo ou hétéro. Je pensais que je ne pourrais jamais être heureuse.»

«J’ai dû surmonter la même panique, la même honte, la même dépression que beaucoup de gens dans la communauté LGBT, mais quand j’ai fait mon coming-out une nouvelle forme de honte a pris le dessus. La honte d’être bie. Sentir que les gens vous jugent sans cesse mais pour d’autres raisons. Un poids m’a été retiré mais pas totalement. J’ai encore l’impression que nous devons constamment nous prouver à nous-mêmes et aux autres notre valeur dans la communauté.»

L’actrice conclut par un message positif: «Nous existons pour de vrai. Ne laissez jamais personne vous faire sentir que vous ne valez rien. Personne ne connait votre chemin à part vous.»

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