Parce que deux agressions homophobes ont eu lieu en l’espace de quelques jours, l’association LGBT de la ville d’Arras, Artogalion, a décidé d’organiser un rassemblement et un kiss-in samedi 26 septembre à 15h, Place du Théâtre. La première agression a eu lieu la semaine dernière dans la nuit du 17 au 18 septembre. Maxime, 29 ans, et un ami sortent vers 3h du matin et sont pris à partie par un groupe de trois personnes dans la rue. Les deux hommes sont insultés et frappés. L’autre agression a aussi eu lieu dans le centre-ville d’Arras: dans la nuit du 19 au 20 septembre, Théo, 23 ans, sort d’une soirée et se fait insulter par, là encore, trois individus qui s’en prennent à lui physiquement. Il prend des coups au ventre et au visage et l’un de ses agresseurs lui assène «Nous les pédés, on les casse! On n’en veut pas chez nous!».

Seul Maxime a déposé plainte. Théo, lui, n’a pas voulu: «Il n’a pas fait son coming-out auprès de sa famille, indique Romain Herquet d’Artogalion, il venait juste de l’annoncer à quelques amis proches. Psychologiquement, il n’est pas prêt.» C’est néanmoins à la demande des victimes que le rassemblement a été organisé: «C’est eux qui ont voulu qu’on en parle, pour prévenir des prochaines agressions et ne pas laisser la place à ceux qui commettent ces actes», précise Romain Herquet.

Pour lui, il ne s’agit pas forcément d’une recrudescence de l’homophobie dans l’espace public. Le militant se souvient d’une période récente au climat bien plus tendu: «Nous avions eu des soucis avec la “Manif pour tous”, raconte-t-il. Nous avons reçu des tweets, accompagnés d’images violences, des menaces. Avant notre Marche des fiertés de cette année, le village associatif a été saccagé et vandalisé la veille de l’événement. Les affiches arrachées, les tables démontées, des tags, des autocollants, etc.» Cet incident n’avait cependant pas empêché la tenue de l’événement.

Aujourd’hui, la mairie d’Arras a fait part de son soutien aux victimes, tandis que plusieurs médias locaux ont relayé l’information. «Ce kiss-in, c’est un moyen de dire non à l’homophobie, c’est un moyen de préserver la tolérance dans notre ville.»

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