L’accession de l’Arabie Saoudite à la tête de la commission consultative du Conseil des droits humains de l’ONU passe mal. Comme le souligne Le Monde, ce groupe consultatif est chargé de désigner les rapporteurs/euses chargé.e.s de travailler sur des thématiques précises, et dont les travaux serviront ensuite de base de travail au Conseil des droits de l’Homme pour établir ses recommandations. Parmi ces thématiques: les violences faites aux femmes, l’indépendance de la justice… Le choix de l’Arabie Saoudite, accusée notamment de pratiquer la torture et d’exécuter ses opposant.e.s, a donc de quoi surprendre.

Dans un communiqué, l’Inter-LGBT, sous la plume d’Arnaud Gauthier-Fawas, porte-parole aux questions internationales, «dénonce cette insulte aux ONG et aux militant.e.s des droits humains qui luttent dans des contextes souvent hostiles, parfois au risque de leur vie. Nous ne cessons de dénoncer les outrages quotidiens aux droits et à la protection de tou.te.s: femmes, enfants, étrangers, chiites, gays/lesbiennes/bi.e.s/trans’, opposants politiques, etc. Toutes les minorités sont en danger en Arabie Saoudite. (…)»

«Comment l’Arabie Saoudite pourrait-elle être qualifiée (…) alors que les femmes sont invisibilisées, qu’elle n’accueille aucun.e.s réfugié.e.s, qu’elle condamne à 1000 coups de fouet l’opposant Raif Badaoui ou Ali Al Nimr, jeune ado chiite, à la crucifixion après décapitation?»

«Le nouveau roi Salmane se distingue d’ores et déjà par un bilan épouvantable: depuis son accession au trône la monarchie a exécuté plus de victimes que Daesh pourtant si médiatisé ces derniers mois», souligne l’interassociative, qui représente près de 60 associations LGBT.

Appelant Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et la délégation française auprès du CDH de Genève «à dénoncer cette mascarade avec une grande fermeté», elle ajoute: «La peine de mort n’a jamais autant été pratiquée dans un pays qui bafoue quotidiennement les normes internationales en matière de justice pénale et procédurale. Une personne y est exécutée en moyenne tous les 2 jours.»

Cité par Le Monde, Hillel Neuer, directeur exécutif de l’ONG UN Watch, estime qu’il s’agit d’«un coup de plus porté à la crédibilité» de l’ONU. Comme le souligne Agnes Callamard, de l’Université de Columbia, interrogée par The Daily Beast, «le groupe consultatif est composé de cinq représentant.e.s de toutes les régions. Il s’agit d’une rotation par région, personne ne nomme personne. Le vrai problème est que l’Arabie Saoudite ait été nommée au Conseil des droits de l’Homme, qu’elle soit membre de la commission consultative n’est qu’une conséquence logique.»