Microboy et le docteur Bizarre, L’Orgasmotron, Franky… Ne cherchez pas ces films dans une anthologie du 7e art. Ni même dans l’excellent L’Homosexualité au cinéma de Didier Roth-Bettoni. Ses affiches sont nées de l’imagination débordante de Leo Maximus, qui propose son drôle de cinéma sexy dans une expo actuellement au Centre LGBT de Paris Ile-de-France.

Rencontré lors du vernissage, l’artiste en dit plus sur sa façon de travailler, sur le cinéma bien sûr et sur les courants artistiques qui l’inspirent.

 

Vous avez choisi de traiter des genres cinématographiques: la comédie, le film d’horreur, la science-fiction…
C’est une série d’affiches de cinéma fictives, chacun va pouvoir se faire son film. J’allais essayer de faire quelque chose de narratif, mais pas trop. Je suis fan de tous les mouvements artistiques du siècle. En particulier l’art déco. Je suis parti du plus rétro, jusqu’aux années 70. Cela s’est fait tout naturellement.

Comment travaillez-vous les personnages?
Je dévore des vieilles réclames, des vieilles photos, des affiches, et je digère tout ça. Je travaille en noir et blanc sur tablette graphique. J’ai commencé avec des mecs bien faits. Mais un ami m’a dit: « oh, encore des mecs musclés! ». Donc j’ai dessiné des hommes mûrs et j’essaie aujourd’hui de ne plus tomber dans le côté Tom of Finland, mais des gens « normaux ».

Comment trouvez-vous les titres?
J’essaie que ça sonne un peu-beaucoup commercial. Une illustration me prend environ un mois et après j’ai envie de changer.

Quels autres artistes vous inspirent?
En France, on a peu de références artistiques. Pierre et Gilles, c’est mon enfance. Toutes ces couleurs, c’est sûr que cela m’a marqué. Donc, oui Pierre et Gilles sont importants pour moi. En terme d’illustration, les univers qui me font rêver sont ceux des créateurs comme Jean-Paul Gaultier, qui parviennent à inventer un monde. Dans cette expo, j’ai essayé de créer un monde annexe, avec de gros mélanges. J’aime aussi l’idée de cinéma fiction. Evidemment, dans les années 30, deux hommes n’auraient pas pu s’embrasser sur une affiche de cinéma!

« Quand Léo Maximus fait son cinéma », jusqu’au 7 octobre, exposition au Centre LGBT Paris Ile-de-France, 63, rue Beaubourg, 75003 Paris.