1959. Cinq ans après la décision de la Cour suprême des États-Unis mettant fin à la ségrégation dans les écoles publiques, l’État de Virginie se décide à ouvrir ses écoles et lycées aux jeunes noir.e.s. Sarah est l’une de ces pionnièr.e.s. Entre insultes, crachats et bousculades, elle aperçoit Linda. Linda est blanche, raciste parce que c’est ce qu’on lui a appris. Elle est la fille du très conservateur, très virulent et très dur rédacteur en chef du journal local, plus intéressée par la date de son mariage (qui lui permettra de quitter ses parents) que par ses études ou le monde qui l’entoure. Alors que Sarah et les autres ados noir.e.s tentent de résister aux brimades, voire aux agressions de leurs camarades de classe, Linda, obligée de réaliser un devoir de classe avec elle, découvre que ce qu’elle croit savoir n’est pas nécessairement vrai. L’intelligence, l’esprit, l’humour et le talent de Sarah, dont elle a beaucoup de mal à ne pas tomber amoureuse, l’obligent à voir au-delà des préjugés.

Les adultes du récit sont, pour la plupart, plus préoccupé.e.s de leurs politiques – la ségrégation pour l’un, la nécessité de faire changer les choses, même s’il faut pour cela envoyer des enfants en première ligne, pour les autres – que du bien-être de celles et ceux qui vivent ces changements au quotidien, ce qui ajoute au sentiment de solitude, d’isolement des protagonistes. Et au courage de Sarah et de ses comparses. Avec Des mensonges dans nos têtes, Robin Talley décrit l’évolution de deux jeunes filles, vers l’acceptation des autres pour l’une, vers l’acceptation d’elles-mêmes pour les deux.

Des mensonges dans nos têtes, Robin Talley, Mosaïc, 13,90€.

Cet article est extrait des Lectures de Yagg du 1er septembre 2015, à lire en intégralité ici.