Après l’agression le week-end dernier de deux jeunes gens qui sortaient d’un club gay (lire Agression homophobe à Marseille [La Provence]), 33 associations LGBT* de Marseille et de la région PACA s’inquiètent.

«Cette agression s’inscrit dans une atmosphère délétère sur notre territoire, marquée par un certain nombre d’événements alarmants et répétitifs», écrivent les associations dans une lettre envoyée au préfet de PACA et des Bouches-du-Rhône Stéphane Bouillon, au sénateur maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, au président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole Guy Tessier, à la présidente du département Martine Vassal et au président du conseil régional Michel Vauzelle. La lettre donne trois exemples parlants: le harcèlement subi par une collégienne en raison de son orientation sexuelle supposée, qui a poussé ses parents à la changer d’établissement au printemps dernier; l’agression lesbophobe dont a été victime la nageuse Mélanie Hénique fin juin et l’annulation du mariage de deux femmes, Claude et Hélène «parce qu’une élue s’est permis de ne pas appliquer la loi, de façon discriminatoire» (lire Mariage annulé à Marseille: «Il a fallu qu’on aille en mairie pour vivre une discrimination»).

«Malgré des lois volontaristes d’égalité et de lutte contre les discriminations, de toute part, il existe encore, ici et maintenant, un climat LGBT-phobe consternant qui nous alerte: la rue, les établissements scolaires, l’administration (une mairie), les réseaux sociaux sont et restent des lieux, des espaces publics insécurisants où peuvent s’exercer le préjugé, les injures, le harcèlement, la violence physique en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, dénoncent les associations signataires.

«Dans tous ces cas, le silence de nos représentant.e.s politiques locaux se fait assourdissant ou bien trop timide ou ponctuel se cantonnant à un commentaire à chaud de ce qui se présente alors comme un fait divers déplorable.»

Regrettant «un déficit flagrant de prévention et de lutte contre les discriminations, plus particulièrement celles que subissent les personnes lesbiennes, gays, bi.e.s et trans’», les associations exigent la tenue urgente d’une réunion «avec l’ensemble des partenaires publics pour dresser un constat partagé afin de mettre en place sur nos territoires un ensemble d’actions communes et un agenda concret de lutte contre les discriminations en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre».

Un rassemblement est par ailleurs organisé le 17 septembre à 18h30 devant l’Hôtel de Ville de Marseille, en soutien aux victimes de LGBT-phobies.

* Collectif IDEM, SOS homophobie, AIDES, Le Planning Familial 13, le Centre Evolutif Lilith (CEL), l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL), Mémoire des sexualités, MUST, HES, Gaylib, Le Refuge, FLAG! Policiers et gendarmes LGBT, Gstud, Frontrunners Marseille, Fiertés de Provence, l’Autre Cercle PACA, Municigays, Observatoire des Transidentités (ODT), ENIPSE, Homosexuel-les et musulman-e-s de France/Musulman-es progressistes de France (HM2F/MPF), CALEM Cabinet (Confédération des Associations LGBT euro-africaines ou musulmanes), Association motocycliste Alternative (AMA), Aix Vanguard, Les enfants d’Arc-en-ciel, l’asso ! , Fédération Total Respect – Tjenbé Rèd, Rando’s Provence, Pôle LGBT Vaucluse, LGBTFormation, OSED (Carpentras), Chrétiens et Sida Vaucluse, Eléa-Femmes Solidaires Avignon, Polychromes (Nice), Les Ouvreurs (Nice)