Si vous l’avez manqué lors des précédentes diffusions, ne passez pas à côté de The Normal Heart ce soir. À travers l’histoire de Ned Weeks, qui voyant les ravages du sida autour de lui décide de monter un groupe de soutien pour lutter contre la maladie, le film raconte les débuts de l’épidémie dans la communauté gay new-yorkaise, dans l’indifférence totale des pouvoirs publiques.

Alors que dans son entourage, Ned Weeks (brillamment interprété par Mark Ruffalo) voit ses amis décimés par un mystérieux «cancer gay», le sida n’a pas encore de nom. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas ou peu cette période tragique de l’histoire de la communauté, pour ceux et celles qui ne l’ont pas vécu, The Normal Heart offre une formidable immersion, car il permet de voir et de ressentir cette ignorance et ce désarroi dans lesquels a été plongée la communauté gay pendant plusieurs années. L’ignorance de la maladie, mais aussi des moyens de se dépister et des moyens de se protéger, sans oublier la peur et la colère de voir les avancées acquises en terme de visibilité, de tolérance, de libération sexuelle réduites à néant. Au-delà de la maladie, la pièce de Larry Kramer aborde aussi des thèmes qui résonnent avec une grande justesse encore aujourd’hui: le coming-out, l’absence de personnalités ouvertement homos, la nécessité de s’engager, de militer, de se battre pour être considéré.e.s comme autre chose que des citoyen.ne.s de seconde zone.

On reprochera peut-être à Ryan Murphy une mise en scène un peu trop classique qui rend à force le film, déjà très long (deux heures), plus pesant dans sa dernière partie. Mais grâce à un casting formidable, The Normal Heart parvient néanmoins à dépasser une réalisation un peu scolaire: Julia Roberts, impeccable dans le rôle de la médecin Emma Brookner, Taylor Kitsch, qui livre un Bruce Niles tout en intensité, une flopée de seconds rôles de haut vol (Alfred Molina, Jonathan Groff, Denis O’Hare) et bien sûr Matt Bomer et Mark Ruffalo, dont la complicité et l’amour crèvent l’écran. Mention spéciale à Jim Parsons, que la France ne connaît probablement que pour son rôle dansThe Big Bang Theory, mais qui s’impose dans un second rôle magistral, parfois sans prononcer une seule réplique, dans une atmosphère à couper au couteau entre les querelles d’ego qui opposent Ned Weeks et Bruce Niles. Sa tristesse, sa colère traduites parfois par un simple geste ou un simple regard, n’en sont que plus forts.

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Vendredi 11 septembre à 20h55 sur Canal + Séries.