La huitième édition de Jerk Off se tiendra du 11 au 25 septembre à Paris. Comme tous les ans, la programmation de ce festival pluridisciplinaire des cultures queer et alternatives est à la fois pointue et accessible.

Pourquoi un tel festival est-il nécessaire? «Parce qu’il y a souvent des formes artistiques fragiles qui ont besoin d’être mis en avant, expliquent les organisateurs David Dibilio et Bruno Péguy. Certaines salles voire certains pays décident ainsi de boycotter des formes artistiques particulières. Nous décidons de prendre leur contre-pied. Trinity par exemple ce sont des artistes queer, macédoniens qui ne peuvent se produire dans leur pays. Un festival comme nous est donc important pour leur donner la parole en Europe. Il est aussi nécessaire parce que pour beaucoup d’artistes, Jerk Off est un moment de liberté et de respiration à l’occasion duquel ils/elles proposent des projets qui ne pourraient pas forcément être montrés ailleurs. On n’est pas dans l’institution, les contraintes sont toujours et seulement techniques mais jamais liées au sujet, aux enjeux, à ce qui est montré. Et les artistes aiment qu’on leur donne carte blanche.»

Le choix, si vous ne pouvez pas assister à tout, va être difficile à faire tant la programmation – danse, théâtre, expo, performance, clubbing – est riche une fois de plus, et ce ne sont pas les organisateurs qui vous aideront, qui – et on les comprend – conseillent d’ailler voir «Trinity, parce que ce sont vraiment des artistes intéressant dotés d’une écriture qui mélange politique et question queer. Et puis tout le reste»: «les événements au Carreau du Temple si l’on aime la danse, ceux du Point Ephémère qui sont plus décalés et la fête de clôture au Petit Bain parce que French 79, notre guest, est un jeune prodige de l’électro». On notera notamment The Pansy Project, une exposition de Paul Harfleet, qui fait l’objet du documentaire Les Pensées de Paul, qui sera diffusé lors de la prochaine Nuit Gay de Canal+, le 20 octobre; des performances comme la Banquette des Platonnes (réécriture féministe des discours du Banquet de Platon) ou Skin [Live] de Frédéric Nauczyciel et Jean-Luc Verna; du théâtre avec Frigide, de la Compagnie Voulez-Vous?…

Tous les ans, le festival Jerk Off parvient à toucher un public plus large que la communauté queer. «On s’adresse aux gens qui sont curieux, qui veulent découvrir des choses nouvelles, qu’ils fassent partie du milieu queer ou non. Est-ce qu’on demande aux queers s’ils peuvent s’intéresser au mainstream? Oui, ils le peuvent. Ensuite, s’adresser au plus grand nombre… à qui veut en tous les cas: il faut parier sur la curiosité du public, la qualité des projets, à nous de faire du bon boulot! Sans comparaison, en termes d’impact bien entendu, le show de RuPaul cartonne bien au delà de la communauté à la télé américaine.»

Retrouvez toutes les infos pratiques, la billetterie etc. sur le site de Jerk Off.