À l’heure du Marriage Equality, est-il facile de faire un film lesbien à Hollywood? Le plus gros challenge pour moi a été de trouver assez de femmes de notre communauté pour que le film prenne vie. C’est très dur de financer un film de femmes en général, alors si tu fais un film de lesbiennes c’est quasiment impossible. Un financement traditionnel n’était pas une option pour moi, car les financeurs se fichent des films indépendants lesbiens. donc ça doit venir de la communauté. Les lesbiennes veulent se voir sur l’écran et je veux que ça se produise, mais je ne peux pas le faire seule. Je pourrais en parler pendant des heures.

Du coup, comment le film a-t-il été financé? 
J’ai eu une grande aide de notre productrice exécutive Jan Miller Corran. Elle est arrivée seule avec un peu plus de la moitié du budget via son réseau. Nous n’aurions pas pu faire le film sans elle. J’ai trouvé le reste avec l’aide de femmes formidables (et de quelques gars super) fans de Soul Kiss Films. Ça s’est fait sur le fil du rasoir. Nous avons fait le film pour $185.000 (environ 166.000 €) et nous avons tourné pendant 15 jours.

Quelle va être la vie de Raven’s Touch? Est-ce que les Français.es pourront le voir? Raven’s Touch a été acheté par Gravitas Ventures et il sera disponible dans le monde entier via des plateformes VOD (Video On Demand) comme iTunes, Amazon, etc. en novembre. Gravitas s’occupait déjà de la distribution de mon film Anatomy of a Love Seen, ils sont formidables. Donc j’espère que les Français.es pourront le voir en novembre!

Qu’est-ce qui motive ton travail? Ma vie. Mes sentiments sur l’amour sont ceux que l’on retrouve dans Anatomy of a Love Seen, mes challenges en tant que mère d’ados ont inspiré le personnage de Kate et mon amour pour les choses magiques mélangé à mon deuil après la mort de ma mère motive les choses impossibles qui vont arriver au personnage d’Ava. Combinaison étrange, je sais, mais ça prend sens quand tu vois le film.

Aurais-tu des anecdotes de tournages à partager avec nos lectrices/teurs? Eh bien les conditions étaient assez intéressantes. Tu ne peux pas le savoir quand tu regardes le film mais nous avons été piqué.e.s par toutes sortes d’insectes, transpirant.e.s sous la chaleur, complètement entouré.e.s par du sumac et relégué.e.s à l’utilisation de toilettes portables. Je me suis rebellée sur ce dernier point, préférant un petit coin confortable dans les bois. Beaucoup mieux que de risquer une attaque de panique dans cette minuscule boite en plastique bleue étouffante et puante.

Raven’s Touch, de Marina Rice Bader, 
avec Dreya Weber et Traci Dinwiddie.

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