Pour pas mal de gays de ma génération, les mots de Sylvie Joly sont souvent présents dans les conversations. Son humour bitchy et ses phrases définitives servent souvent de références, lorsque la conversation tourne au gentil règlement de comptes ou que nous sommes en vacances à l’étranger (« Une Française à l’étranger n’a pas le droit, ne peut pas se permettre d’être médiocre »). Seule sur scène, elle réussissait à faire vivre des personnages de femmes qu’on n’appelait pas encore bobos, très snobs, comme dans l’un de ses  sketches les plus célèbres, Catherine.

 


Si la vidéo ne s’affiche pas, cliquez sur Sylvie Joly sketch – Catherine par CyberPeople

Ces personnages peuvent être parfois particulièrement méchantes, même si le talent de Sylvie Joly était de dépasser la caricature. Ainsi, qui n’a pas dans son entourage une copine (ou un copain) qui passe son temps à dire du mal des autres comme le personnage de L’après-dîner?

 

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Avec justesse, elle se moquait aussi des mesquineries des commerçantes.

Si la vidéo ne s’affiche pas, cliquez sur  Sylvie Joly « La pharmacienne » | Archive INA par ina

 

Sylvie Joly, c’était aussi une gestuelle, un visage extrêmement mobile. La preuve avec Comme la gauche est passé.

Si la vidéo ne s’affiche pas, cliquez sur Comme la gauche est passée-Sylvie Joly

Elle avait débuté sa vie professionnelle comme avocate, mais très vite, c’est sur scène qu’elle va se révéler. Elle est une des plus célèbres comiques des années 80 et 90 et c’est durant ces années que son public gay va grandir.

Elle était particulièrement apprécié des gays, car elle semblait à elle seule résumer la définition de l’actrice camp. L’animateur télé ouvertement gay Christophe Beaugrand a d’ailleurs été un des premiers à réagir à la disparition de Sylvie Joly.

En 2010, à 76 ans, elle explique sur TF1 pourquoi, à cause de la maladie de Parkinson, elle avait dû quitter la scène trois ans plus tôt. Elle voulait témoigner sur cette maladie encore taboue, pour aider les autres dira-t-elle.

De très nombreuses actrices, et notamment celles qui ont réussi dans le one woman show, lui doivent beaucoup.

 Sylvie Joly avait aussi tourné dans près de 40 films et avait été nominée aux César en 1988 pour son rôle dans Le Miraculé. Mais c’est surtout à travers ses sketches qu’elle aura marqué son époque. Dernière démonstration avec « Je me gratte », où elle se moque d’un certain théâtre avec un grand T. Du pur Joly.

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