Pour la Yagg Team, cela ne fait aucun doute, la parodie de Conchita Wurst et Kendji Girac par Florent Peyre dans La Grande soirée des parodies TV diffusée sur TF1 vendredi, est transphobe. À en croire certains commentaires sous l’article que nous avons publié lundi ou sur les réseaux sociaux, tout le monde n’est pas du même avis. Sur Le Plus, le sociologue Arnaud Alessandrin explique pourquoi «ce clip pose problème».

«Rire des autres est un classique de l’humour. Rire au détriment des autres également, écrit-il. (…) Nous avons toujours rigolé des accents et de minorités me direz-vous. Peut-être, mais il est devenu aujourd’hui insupportable pour les minorités de se sentir caricaturées. Non pas qu’elles manquent d’humour, l’humour minoritaire existe et il est vif, de Jamel à Océanerosemarie. Plutôt que l’impunité des stigmatisants est aujourd’hui mise à mal.»

«Les blagues sur les minorités servent d’appui au rejet, aux brimades. Les cours de récré ou la rue sont pleines de ces mots qui blessent. Le rire est cette arme à double tranchant qui meurtrit si l’on n’y prend pas garde. L’opprobre que peut provoquer l’humour cristallise alors des figures du rejet, des figures du dégoût, que l’on peut malmener “pour rire” ou pour blesser.»

Co-auteur, avec Karine Espineira, de l’enquête sur la transphobie publiée en 2014, Arnaud Alessandrin rappelle que «que 85% des personnes trans’ avaient connu un acte ou un propos transphobe au cours de l’année écoulée. Pour la moitié de ces propos, la rue et internet sont des théâtres d’expression privilégiés. C’est dire l’importance des mots et de leurs conséquences. (…) Enfin, 64% des sondé.e.s (308 répondant.e.s) estiment que les médias donnent une mauvaise image des personnes trans’.»

Il conclut: «On peut légitimement faire l’hypothèse, aux vues des nombreux commentaires et réactions sur les réseaux sociaux, que cette vidéo ne participera pas à une réconciliation entre les personnes trans et les médias.»

Une explication à lire en intégralité sur Le Plus.