Avec La Vanité, Lionel Baier nous surprend encore. Cette comédie sur un sujet plutôt casse gueule est très réussie et réunit un trio d’acteurs qui fonctionne à merveille.

David Miller, un vieil architecte malade, veut en finir avec sa vie. Comme l’action se passe en Suisse, il peut se faire assister dans son suicide par une association. Mais l’accompagnatrice, Esperanza, semble ne pas très bien connaître la procédure. Le fils de David lui faisant faux bond, David cherche à convaincre Tréplev, le prostitué russe de la chambre d’à côté, d’être le témoin de son dernier souffle, comme la loi l’exige en Suisse. La force du film réside dans ce huis-clos et Patrick Lapp (David), Carmen Maura (Esperanza) et Ivan Georgiev, sont très justes.

La Vanité a été entièrement tourné en studio, ce qui accroît la dimension de conte. Pour la musique, Lionel Baier a choisi le russe Dmitri Chostakovitch. Il y a donc une ambiance hitchockienne dans La Vanité, puisque Bernard Hermann, l’un des compositeurs attitrés du maître du suspense, s’est beaucoup inspiré de l’univers de Chostakovitch. Cette rencontre improbable dans un motel inspiré de l’architecture américaine des années 60 voué à la démolition s’inspire pourtant d’une histoire vraie, telle qu’un ami de Lionel la lui a racontée.

Lors de l’avant première du film, organisée mardi 1er septembre par Yagg, Lionel Baier a confié qu’il avait réussi à convaincre Carmen Maura d’une drôle de façon. L’actrice espagnole (une des égéries d’Almodovar) est une grande fan d’un certain café en capsules et lorsque Lionel lui a expliqué que le siège social de la marque se trouvait près de la ville du tournage, il a gagné la partie!

La bande annonce de «La Vanité»:

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