Les histoires se suivent… et se ressemblent. Sam Stanley a 23 ans, il est anglais et rugbyman. Il est devenu hier le premier joueur professionnel anglais (rugby à 7) à faire son coming-out. Né dans une famille de rugby (son oncle Joe est un ancien All Black, son frère Mike participera, avec les Samoa, à la Coup de monde de rugby à XV qui se tiendra du 18 septembre au 31 octobre en Angleterre, l’un de se cousins joue pour les Harlequins, un autre à Clermont…), Sam Stanley a d’abord joué au rugby à XV avec les Saracens avant de passer au rugby à 7, où il a représenté l’Angleterre au niveau international à plusieurs reprises. Gravement blessé au genou, il est revenu au XV avec l’Ealing Rugby Club, qui évoluait jusqu’ici en troisième division, et monte cette saison en RFU Championship, la deuxième division.

Hier, dimanche 30 août, Sam Stanley a fait son coming-out dans The Sunday Times. Il y explique qu’il a compris qu’il était gay vers 10 ou 11 ans, et qu’il a, lui aussi, pensé au suicide, tant la peur d’être découvert était forte. «On s’inquiète tellement de ce que vont penser les gens, dit-il, et je pensais que je ne pouvais pas être un joueur de rugby macho en étant qui j’étais, et c’était tout ce que je voulais faire dans ma vie.»

Il évoque aussi Laurence, l’homme qui partage sa vie depuis cinq ans: «Je suis tombé amoureux de lui assez tôt, mais nous avions des choses à régler, parce qu’il venait à peine de déménager après plus de 20 ans de mariage, et il a des enfants. Lui aussi venait à peine de se trouver. J’étais vraiment heureux avec lui, mais quand il y avait des problèmes, je ne pouvais en parler à personne.»

Great evening at the end of season awards dinner! Was awesome getting to share it with this guy! @lorenzo_uk

Une photo publiée par Sam Stanley (@samstannerz) le

Cela fait plusieurs mois que Sam Stanley prépare sa sortie du placard. «Je suis un joueur professionnel de rugby au Royaume-Uni et aussi homo. Je ne suis pas out et ça me pose d’énormes problèmes. Les mensonges, les tromperies et tout ce qui va avec. Éviter certaines situations etc. Cela me détruit 🙁 », écrivait-il le 17 juin 2014 au site LGBT américain Outsports. Avec le soutien du fondateur du site Cyd Ziegler (lui-même ancien athlète et spécialiste des questions LGBT dans le sport), de Ben Cohen et de Gareth Thomas, épaulé par ses coéquipiers – actuels et anciens – et ses proches (dont son frère Mike), encouragé par le coming-out il y a deux semaines de Keegan Hirst, Sam Stanley a donc sauté le pas.

«Tellement fier de mon petit frère, pas facile dans la société d’aujourd’hui! Je t’aime, sois fier de qui tu es.»

Très fier de mon pote aujourd’hui! Quel trajet…»

«Très fiers de @Stanley_13. Toujours membre de la #FamilleSarrie»

«Bravo! J’espère que tout va bien. Je suis sûr que tu auras le soutien nécessaire de tes coéquipiers et de tout le monde.»

Sam Stanley a partagé son émotion sur Twitter:

«Une journée pleine d’émotion! Un grand merci à tous pour le soutien. En particulier mon meilleur ami @RemiJG qui a été d’une grande aide et mon roc @lrh_hicks.»

«Cela va être une question jusqu’à ce que plus de gens et plus d’athlètes fassent leur coming-out, jusqu’à ce que ce n’en soit plus du tout une, assure le rugbyman dans The Sunday Times. Cela prendra peut-être des années mais, je l’espère, de plus en plus de personnes vont trouver le courage.»