«Tu perds rien pour attendre sale PD.» Cette phrase, accompagnée de la photo d’un cadavre mutilé (que nous avons décidé de ne pas publier), a été adressée sur Twitter – depuis un compte depuis suspendu – à Vincent Boileau-Autin, président de la Lesbian & Gay Pride Montpellier-Tignes et l’un des deux premiers mariés homos de France.

Selon un communiqué de la LGP Montpellier-Tignes, de nombreuses menaces à l’encontre du président de l’association ont fait l’objet de plaintes. «Le Conseil d’administration de la LGP s’élève avec la plus grande véhémence contre cette dernière attaque personnelle, aussi ignominieuse qu’abjecte, indique le communiqué. Dans l’infâme agression de Vincent, c’est chaque citoyen libre et soucieux d’égalité des droits qui est visé.»

En juillet, Vincent Boileau-Autin partageait ce tweet, qui le visait de même que Jean-Luc Romero:

«Il s’agit là d’un acte extrême d’homophobie qui tombe sous le coup de la Loi, poursuit la Lesbian & Gay Pride Montpellier-Tignes. Un dépôt de plainte va remettre l’affaire entre les mains de la police et de la justice, afin de poursuivre le ou les auteurs de cette menace. Nous attendons du Procureur de la République que cette plainte comme les précédentes déposé par Vincent pour les mêmes raisons, soient instruites et non classées sans suite! Bien entendu, nous exigeons de Facebook et Twitter qu’ils facilitent le travail d’enquête en permettant l’identification des auteurs.»

«Il convient aussi de rester vigilants dans le quotidien de nos vies, insiste l’association. Malgré des projets sociétaux encore à parfaire, la législation a progressé en France dans le sens d’une égalité des droits qui tend à faire des homosexuels en particulier, et des lesbiennes, gays, bi et trans’ (LGBT) en général, des citoyens comme les autres. Aussi, des manifestations odieuses, comme celle que l’on déplore aujourd’hui, montrent que les risques et dangers liés à l’intolérance, l’exclusion, la discrimination, l’homophobie, sont toujours une triste réalité à combattre sereinement mais fermement. Rien n’est gagné face à la pensée archaïque qui refuse la différence. Dans le cadre de la Loi, la résistance et la lutte sans merci contre l’obscurantisme sont une nécessité de chaque jour!»

«Rappelons qu’en 2014 en France, 2197 actes LGBT-phobes ont visés des citoyennes, des citoyens, soit 183 actes par mois (rapport SOS Homophobie 2015)! C’est inacceptable! La justice doit mettre un frein à cette hémorragie et condamner sans complaisance les auteurs de ces actes. Les pouvoirs publics doivent quant à eux, engager une véritable action d’envergure et sortir du mutisme trop souvent posé comme seule réponse.»