LE TWEET DE LA SEMAINE
Chemin de la reconstruction pour Michael Sam? Le joueur de football américain ouvertement gay a annoncé via Twitter qu’il avait eu la première conversation avec son père avec qui il avait rompu après son coming-out, en février 2014.

De nombreux médias avaient alors dressé un portrait peu flatteur du père. BuzzFeed avait, en novembre 2014, proposé un portrait plus fouillé de Michael sr, personnage plus complexe: «Michael Sr ne deviendra pas un porte-parole pour les parents et les amis des LGBT, écrit le journaliste. Il n’est pas emballé par l’orientation sexuelle de son fils, mais il ne l’a pas déshérité. Il ne lui a pas dit qu’il irait en enfer. Il ne parle pas d’essayer de le guérir, de de le faire tourner hétéro. À sa façon, un peu rugueuse, Michael Sr a accepté que son fils était gay: “Je l’aime, dit-il, et je me fiche de ce qu’il fait”».

En avril 2015, Michael Sam avait effectué sa dernière performance dans Dancing With The Stars – il avait ensuite été éliminé – en proposant avec sa partenaire Peta Murgatroyd une rumba sur la chanson Not My Father’s Son, tirée de la comédie musicale Kinky Boots. Une référence à la rupture avec son père.

Le jeune athlète vient de passer un été pour le moins chaotique. Recruté par les Alouettes de Montréal, il avait quitté le club en juin avant de revenir. Il avait joué quelques minutes le 8 août avant de se blesser au dos à l’entraînement, trois jours plus tard. Il a annoncé son départ le 14 août.

LE TOURNOI DE LA SEMAINE
C’est parti pour le Tournoi international Montpellier Méditerranée (TiMM) aura lieu du 28 au 30 août avec du badminton, du football, de la natation et du volley-ball.

Le TiMM «est une compétition qui montre qu’on peut être performant dans le sport, quelle que soit notre orientation sexuelle, expliquent les organisateurs sur le site du Tournoi. Mais plus encore, c’est un tournoi qui démontre qu’au-delà des différences, tous les sportifs partagent les mêmes émotions, les mêmes enthousiasmes, les mêmes blessures et surtout les mêmes rires quand ils jouent ensemble. Le TiMM, c’est l’idée que dans une compétition sportive, nous pouvons nous retrouver dans nos forces comme dans nos faiblesses et les dépasser ensemble».

Yagg est partenaire du TiMM, et si vous avez envie de rencontrer Xavier Héraud, il sera sur place, son appareil photo prêt à saisir tous les exploits… et les fous rires.

LA MÉDAILLE DE LA SEMAINE
Caitlyn Jenner cache-t-elle sa médaille d’or olympique obtenue lors du décathlon aux Jeux olympiques de Montréal, en 1976? Dans le tiroir de maquillage de sa coiffeuse. Dans cette vidéo, elle rappelle que si elle est fière de ce moment de gloire, elle est encore plus fière de ce qu’elle accomplit aujourd’hui.

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LA BIOGRAPHIE DE LA SEMAINE
Le rugbyman Gareth Thomas, qui a fait son coming-out en décembre 2009, a partagé sur Twitter la couverture de la version française de sa biographie, Proud, intitulée Fier, chez Michel Lafon.

L’HISTOIRE DE LA SEMAINE
Sur The Players’ Tribune, Layshia Clarendon, joueuse de basket américaine qui évolue dans le club Indiana Fever, dans le championnat américain de basket (WNBA) publie un long témoignage: «Je m’identifie comme noire, homo, de genre féminin, non-cisgenre et chrétienne, écrit-elle. Je suis une outsider dans toutes les communautés auxquelles j’appartiens. Mon existence même défie les barrières raciales, sexuelles, de genre et religieuses.»

Layshia Clarendon raconte son coming-out à ses parents – fait après celui de sa sœur qui s’était mal passé – et le difficile accueil par les membres de sa famille. Tout au long du témoignage, intitulé «Keeping the Faith» («Garder la foi»), elle évoque sa relation avec Dieu.

«Dans toute cette tension entre mes identités sociale et raciale, ma foi est ce qui me fait garder les pieds sur terre, c’est toute la beauté de mon histoire – même si je travaille à rectifier ces parts de moi-même. Je me sens libre de toutes les identités. Si je n’étais pas homo, noire et non-cisgenre, je n’aurais pas la même relation avec Dieu que celle que j’ai aujourd’hui. Ce que je suis m’a poussée à me poser des questions et à le rechercher par des chemins que je n’aurais pas, sinon, empruntés. Ma relation personnelle avec Dieu est l’endroit où je me sens toujours en sécurité, incluse et bienvenue. C’est l’endroit où je n’ai pas à porter le fardeau d’être noire aux États-Unis. Je n’ai pas à porter le fardeau d’entrer dans des toilettes et d’être prise pour un homme. Je n’ai pas à porter le fardeau de me demander si les gens me jugent moralement ou pas parce que je suis homo. Je sens la liberté et l’amour. Dieu, c’est ça.»

LE CAFÉ DE LA SEMAINE
Petit test de Rorschach: que voyez-vous? Matthew Mitcham, lui, lit dans son café un champignon atomique prévoyant ainsi une soirée explosive à Dancing With The Stars Australia où le plongeur ouvertement gay, champion olympique à Pékin, est toujours en course avec sa partenaire Masha Belash.

LE PORTRAIT DE LA SEMAINE
Dans Le Monde, un portrait de Caster Semenya qui dispute les championnats du monde d’athlétisme à Pékin. En 2009, l’athlète sud-africaine s’était retrouvée dans une tourmente médiatique et médicale après son titre sur 800 mètres. La championne avait été outée comme intersexe puis soupçonnée d’avoir usurpé son titre et qui avait fait l’objet d’une enquête de la fédération d’athlétisme avant d’être finalement autorisée à reprendre la compétition. Blessée, elle a repris l’entraînement auprès d’un nouvel encadrement.

Comment Caster Semenya gère-t-elle aujourd’hui ce passé? Le Monde raconte qu’elle a «pris quelques cours pour apprendre à mieux résister à la pression médiatique». «Les journalistes m’importent peu, dit-elle, car ils aiment bien les grosses histoires qui font parler et vendre, je sais mieux les gérer, j’ai appris à garder le silence quand il le faut, et ma meilleure réponse est sur la piste.»

Elle a été éliminée, jeudi 27 août, en demi-finale du double tour de piste.

L’APPEL DE LA SEMAINE
Belle offensive, via Twitter, du East End Phoenix, club de football gay-friendly de l’est de Londres, pour recruter le milieu de terrain Joey Barton, aujourd’hui sans club. Le salaire proposé à celui qui est passé par Manchester City ou l’Olympique de Marseille: des pintes de bière gratuites après le match dominical au pub du coin et ses affaire de foot lavées. Ce que l’on pourrait traduire par désaltéré, blanchi.

Joey Barton est connu pour être un joueur de foot LGBT-friendly. Il avait, par exemple, soutenu la campagne pour les lacets arc-en-ciel arborés par les joueurs des championnats anglais, en septembre 2014. Une évolution en dents de svie, puisqu’il est est aussi connu sur Twitter pour avoir publié un message transphobe à l’adresse de Thiago Silva, joueur du PSG, en avril 2013.

Un temps pressenti à West Ham, Barton avait annoncé via les réseaux sociaux qu’il n’irait pas. Selon des sources internes au club de première division du championnat anglais, des réactions trop négatives de nombreux supporters, hostiles à l’arrivée d’un joueur jugé trop sulfureux, auraient compromis son arrivée.

L’East End Phoenix n’a, pour l’heure, pas eu de réponse de Joey Barton mais continue ses sollicitations.

L’AFFICHE DE LA SEMAINE
«Qui a besoin des Avengers quand on a les Defenders?», s’interroge malicieusement Matthew Chauncey, scénariste (ouvertement gay) de la série Agent Carter. Une façon très Marvel d’honorer des membres de la défense de l’équipe nationale américaine de football, championne du monde 2015. De gauche à droite: Ali Krieger en Captain America, Becky Sauerbrunn en Thor, Meghan Klingenberg (IronMan) et Julie Johnston en veuve noire.

Ali Krieger a apprécié:

LE CALEÇON DE LA SEMAINE
Tommy Hilfiger a demandé à Rafael Nadal de poser pour un nouveau caleçon de la marque. Ça dégringole tout près du pubis mais point trop n’en faut.

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LA QUESTION DE LA SEMAINE
Serena Williams va-t-elle boucler à l’US Open de tennis (31 août-13 septembre) le grand chelem après avoir gagné l’Australian Open, Roland Garros et Wimbledon? L’incontestable première joueuse mondiale gagnerait ainsi son 22e tournoi majeur, à égalité avec Steffi Graf. En 2014, dans sa victoire, elle avait été honorée par Martina Navratilova et Chris Evert (18 victoires chacune).

Serena Williams sur laquelle les portraits pleuvent en cette veille d’US Open. Dans The New York Times Magazine, un portrait-analyse de la poétesse Claudia Rankine. Courrier International, qui publie des extraits de ce portrait au long court, indique que «dans son article Claudia Rankine met surtout en valeur “ce que représente Serena Williams”». «Certains Africains-Américains pensent que pour vaincre le racisme ils doivent travailler plus dur, être plus brillants, être meilleurs, explique-t-elle. Mais, bien sûr, l’excellence chez les Noirs doit s’accompagner de bonnes manières.» Serena Williams, elle, «a choisi d’être excellente en restant Serena», remarque Claudia Rankine, qui souligne que certains« ne peuvent pas l’accepter».

LE PETON DE LA SEMAINE
Première mention officielle d’Aaron, le bébé d’Amélie Mauresmo, né le 16 août. Le cliché du pied (gauche) est à l’image de la championne, discrète sur sa vie privée.

LA QUESTION DE LA SEMAINE (2)
Teddy Riner récoltera-t-il un huitième titre aux championnats du monde de judo, à Astana (Kazakhstan)? «J’y pense et on m’y fait penser, je n’ai pas envie de me louper, a-t-il déclaré. Et de toute façon je n’ai pas envie de perdre. J’ai envie de marquer mon territoire avant les Jeux, qu’ils sachent que l’année prochaine, ce sera pour moi.»

Champion olympique à Londres en 2012, le Français qui évolue dans la catégorie plus de 100 kilos a déjà sept titres mondiaux, mais «deux autres athlètes féminines dans l’histoire du judo ont déjà une telle moisson: la Japonaise Ryoko Tani (-48 kg) et la Chinoise Wen Tong (+78 kg et toutes catégories)», indique Europe 1.

LES ANNIVERSAIRES DE LA SEMAINE
Il y a bientôt 45 ans, en septembre 1970, neuf joueuses de tennis – Billie Jean King et six compatriotes américaines: Rosie Casals, Nancy Richey, Valerie Ziegenfuss, Julie Heldman, Peaches Barkowitz, Kristy Pigeon rejointes par deux Australiennes Kerry Melville Reid et Judy Tegart Dalton – militèrent pour un meilleur traitement des joueuses dans une époque très inégalitaire pour elles. «The Original 9», la bande des 9, est à l’origine de la parité qui règne aujourd’hui dans les rendez-vous majeurs. Le circuit est aujourd’hui l’un des plus puissants du sport féminin. Billie Jean King, fer de lance de cette bataille, le raconte sur The Players’ Tribune. «Nous voulions que chaque fille née où que ce soit dans le monde, si elle était assez compétente pour cela, ait une opportunité de pouvoir jouer des compétitions», écrit-elle.

Cette bande des 9 sera honorée lors de l’US Open par Katryna Adams, elle-même ancienne joueuse, aujourd’hui présidente de la Fédération américaine de tennis (USTA): «J’aimerais beaucoup voir Serena [Williams] et un grand nombre de joueuses du circuit prendre part avec nous à la cérémonie», souligne Billie Jean King.

Autre anniversaire: dans la nuit du 26 au 27 août 1995, le rugby devenait professionnel. Dans Les Échos, un bilan en France, 20 ans après cette révolution.

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