Ce n’est pas une marche, c’est une parade. La nuance a son importance. En France et dans d’autres pays européens, les marches des fiertés fonctionnent comme des manifestations: tout le monde peut s’y joindre. À Montréal,  seules les associations et les entreprises partenaires de Fierté Montréal défilent.

Le 16 août dernier, 3 200 personnes ont donc battu le bitume sous un soleil de plomb, derrière 127 bannières ou chars, et salué les 290 000 spectateurs et spectatrices amassé.e.s le long du Boulevard René Lévesque. Pas de barrière, mais la police et l’organisation veillent à ce que les anonymes ou les photographes ne gênent pas le bon fonctionnement de l’ensemble. Tout est réglé comme du papier à musique. Nous avons demandé à l’un des bénévoles de Fierté Montréal si la marche était partie à l’heure et cela a eu l’air d’être la question la plus stupide du monde. Bien sûr que la marche est partie à l’heure, quelle question. On est loin du joyeux bazar dans lequel on peut parfois avoir l’air de se trouver de ce côté-ci de l’Atlantique.

Au tout début du cortège les coprésident.e.s, ou «grand marshals» comme on dit en anglais, ont défilé assis.es sur le capot arrière d’une décapotable. Cette année les coprésident.e.s étaient l’actrice et danseuse américaine Candis Cayne (interview à venir), l’animatrice de radio, auteure, et productrice Monique Giroux, le psychiatre Richard Montoro et la militante ukrainienne Anna Sharyhina, directrice de la Pride de Kiev.

ATHÉES ET FORESKIN PRIDE
Les «maudit.e.s français.es» étaient représenté.e.s par Barbi(e)turix et le Strass. On pouvait y voir aussi quelques curiosités (pour un Français): un groupe athéiste, clamant que «Croire en Dieu est désormais inutile», deux individus invitant à la «Foreskin Pride» (la fierté du prépuce, dans une culture où les garçons sont en majorité circoncis à la naissance) ou un groupe de fans du Rocky Horror Picture Show, qui dansaient sur les chansons du film. Et évidemment les sponsors de Fierté Montréal, dont le laboratoire Pfizer, la banque TD ou les préservatifs Trojan, sont très visibles (lire Reportage à Montréal, pour la Fierté 2015: «C’est une ville arc-en-ciel!») .

En pleine campagne pour les élections fédérales, les principaux leaders politiques du pays ont tous fait le déplacement, à l’image du jeune Justin Trudeau, chef du Parti Libéral et fils de l’ancien Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, qui lance des «Joyeuse fierté» à qui veut l’entendre. Seul le Premier ministre actuel, le conservateur Stephen Harper, manque à l’appel.

Après la parade, marcheurs, marcheuses, spectatrices, spectateurs et autres se sont retrouvé.e.s au parc Emilie-Gamelin pour le tea-dance de clôture de Fierté Montréal. Au programme DJs et un show de drag-queens – cela va sans dire.

Lire également: Reportage à Montréal, pour la Fierté 2015: «C’est une ville arc-en-ciel!»