À Dortmund, les homos sont dans le viseur de la faction locale de die Rechte (en français, La Droite, par opposition à die Linke, le principal parti d’extrême gauche). Dans cette ville de l’ouest de l’Allemagne, des membres du parti d’extrême droite ont récemment organisé des battues sur des lieux de drague gay situés en périphérie.

Comme le souligne le journaliste de Queer.de Norbert Blech, die Rechte opère de la même façon que les groupes nationalistes russes qui traquent et piègent des homosexuels et dont les vidéos avaient fait le tour d’Internet en 2013. Dans celle que die Rechte a publiée le 13 août, les militants apparaissent à visage découvert arborant des t-shirts jaune vif marqués d’un «Stadtschutz Dortmund» («brigade de la ville de Dortmund»). Leur mot d’ordre: faire régner «la loi, la sécurité et l’ordre». Et tout cela passe par des raids sur les parkings identifiés comme des lieux de rencontres entre hommes, qui constituent selon eux une «nuisance publique», comme l’explique un des hommes dans la vidéo. Et puisque la police ne veut pas intervenir contre ce phénomène, ils considèrent qu’il est de leur devoir de faire justice eux-mêmes. Leur méthode: l’intimidation. L’un d’eux a enfilé des gants, pour sa sécurité dit-il, au cas où «quelqu’un l’attaque» et «pour ne pas attraper de maladie».

Die Rechte siège au conseil municipal de Dortmund. En novembre 2014, le parti avait demandé à recenser les quartiers juifs de la ville ou le nombre de personnes touchées par le VIH. En avril dernier, le tribunal d’instance de Dortmund a rejeté une action en justice contre les patrouilles menées par die Rechte dans le quartier du cimetière de Lütgendortmund dans le but de protéger les personnes âgées. Le juge a estimé que les militant.e.s d’extrême droite ne sont pas vêtus d’un uniforme lors de leurs actions, ce qui aurait été considéré comme une infraction. Dorénavant, la police a conseillé aux personnes témoins des agissements de die Rechte de contacter le 110 pour faire un signalement.