Au printemps dernier, les stylistes Domenico Dolce et Stefano Gabbana se faisaient remarquer non pour leurs créations mais pour un entretien au magazine italien Panorama dans lequel ils critiquaient les familles homoparentales – Domenico Dolce y parlait notamment d’enfants «synthétiques». La polémique qui a suivi – plusieurs stars sont montées au créneau, Madonna et Elton John en tête; le rédacteur en chef de Swide, le magazine édité par Dolce & Gabbana a claqué la porte; des manifestations de protestation ont été organisés… – a laissé des traces et le duo en est toujours à présenter des excuses. «Je suis tellement désolé. Je n’avais pas l’intention de blesser qui que ce soit», a déclaré Domenico Dolce à Vogue.

«J’ai beaucoup réfléchi, poursuit-il. J’en ai beaucoup parlé avec Stefano. J’ai compris que mes propos étaient inapproprié, et je présente mes excuses. Ce sont juste des enfants. On n’a pas besoin d’étiquettes, d’étiquettes de bébés. (…) Je pense que chacun choisit pour lui-même. Je ne sais pas tout sur la FIV, mais j’aime que les gens soient heureux. C’est comme la médecine. La science est là pour aider les gens.»

«Quand on demande si je voulais être parent, je dis oui, bien sûr, pourquoi pas?, renchérit Stefano Gabbana. Mais ce n’est pas possible en Italie. (…) L’idée d’aller en Californie et d’avoir un bébé m’a traversé l’esprit, mais je ne pouvais pas ramener l’enfant en Italie parce qu’il faut le passeport de la mère. Je me suis renseigné sur l’adoption en Italie. C’est très difficile pour un couple hétéro ici, alors imaginez si vous êtes homo!»

Vogue rappelle également que Stefano Gabbana et Domenico Dolce furent, bien avant cette polémique, les premiers stylistes italiens à rendre leur couple public (ils ne sont plus en couple aujourd’hui). «Nous avons donné notre première interview où nous disions que nous étions gays en 1999, dit Stefano Gabbana. (…) Nous vivions ensemble, nous parlions d’amour, pas de sexe ou d’être homo. Et ça a fait la une de journaux en Italie. Mais pour nous, c’était normal!»

C’est Domenico Dolce qui conclut: «Qui a besoin qu’une institution nous dise comment aimer? Nous ne devrions pas devenir si rigides. Nous devons comprendre, accepter tout le monde.»