Que peut bien avoir à raconter quelqu’un de cet âge dans une autobiographie? Et effectivement ce n’est pas tellement l’histoire de la vie de Conchita Wurst que l’on retiendra. L’enfance du jeune Tom est malheureusement d’une grande banalité: un enfant différent sans vraiment comprendre pourquoi que ses camarades martyrisent sans tellement savoir pourquoi non plus. L’enfant devenu ado a une volonté de fer, il est prêt à tout ou presque pour quitter son village et apprendre un métier. La musique est son univers mais c’est la mode qui lui sert de billet de sortie. Tom est un bosseur, il a bien compris que pour réaliser ses rêves, il ne faut compter que sur soi-même.

Conchita nait presque par hasard et c’est avec elle que le talent de Tom s’épanouit. Un passage par la télé-réalité, des rencontres fondamentales mènent à l’histoire que l’on connaît: l’incroyable victoire d’une femme à barbe à l’Eurovision.

Ce qui frappe surtout, au-delà du récit, c’est la sincérité qui émane de l’artiste qui, dès le début, a voulu profiter de sa notoriété, de sa visibilité pour faire passer un message, assumé et limpide: la différence n’est pas un défaut, c’est un atout. Et chacun.e à sa place dans la société, même si elle ou il ne répond pas aux critères classiques.

Moi, Conchita, Conchita Wurst, L’Archipel, 256 p., 18,50€.

Cet article est extrait des Lectures de Yagg du 19 juin 2015, à lire en intégralité ici.