Deuxième vague d’excuses de Vitus Huonder, après ses propos jugés homophobes lors d’un congrès de catholiques ultra en Allemagne fin juillet (lire Un évêque suisse condamne ouvertement l’homosexualité en citant la Bible [360.ch]). L’évêque de Coire avait très vite affirmé avoir été mal compris, mais sans convaincre. Deux plaintes pour incitation publique au crime et à la violence ont été déposées, l’une par l’interassociative Pink Cross, l’autre par un particulier.

Après deux semaines de polémique et alors que la Conférence des évêques suisses (CES) approche, Mgr Vitus Huonder a présenté des excuses à «toutes les personnes qui se sont senties blessées par son discours, en particulier auprès des personnes de sensibilité homosexuelle» dans une lettre de trois pages envoyée aux quelques 800 prêtres, diacres et employé.e.s de l’évêché de Coire. Il reconnaît avoir commis une «erreur» en rédigeant son texte uniquement «au niveau de la réflexion et sur le plan académique». «C’était également une erreur d’avoir préparé le discours durant les vacances d’été, sans l’avoir fait relire par quelqu’un d’autre. Mes collaborateurs auraient attiré mon attention sur le danger», avoue-t-il.

Quelques heures plus tôt, Charles Morerod, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, avait commenté les déclarations controversés de son collègue dans un entretien au quotidien Le Temps. «Le fait d’être homosexuel – surtout sans choix personnel! – n’est pas un crime, ni un péché, estime-t-il. L’Église, suivant la Bible, parle de certains actes comme des péchés, parce qu’elle pense que la fécondité liée à la différence homme-femme est un caractère central de la sexualité. Mais il est évident qu’en dehors d’une perspective religieuse, pas seulement chrétienne, cette approche semble absurde à la plupart de nos contemporains.»