Comme nous l’apprend Wikipedia, Hillsong est une «mega-church» d’origine australienne, ancrée dans la théologie pentecôtiste, une forme particulièrement démonstrative et conservatrice du protestantisme. Pourtant, ses pasteurs sont célèbres pour le ton décontracté de leurs messages, leurs looks soignés et leur communication toujours bluffante de post-modernité. Si leurs talents pour la musique, le chant, les cultes hyper visuels et émotionnels font partie de leurs atouts, il semblerait que leur grande tolérance et leurs amour inconditionnel pour toute personne, dont leurs pasteurs parlent tout le temps, ne soit qu’un demi-amour.

Une histoire toute récente a révélé quelle était leur vraie position au sujet des personnes LGBTI. L’un des chefs de chœur de la chorale du Campus de New York a fait son coming-out, il y a huit mois de cela. En couple avec l’un des chanteurs de cette chorale, renommée dans les milieux chrétiens, il l’avait en effet demandé en mariage pendant une émission de télévision. À cette époque, et alors que plusieurs Églises fondamentalistes s’emparaient de l’affaire, la direction mondiale d’Hillsong était restée silencieuse, laissant ainsi croire qu’elle cheminait tout doucement vers davantage d’inclusivité.

Coup de théâtre! Voilà à peine trois jours, Brian Houston, le pasteur fondateur, a enfin fait connaître ce qu’il pensait de toute cette affaire. Sa première réaction sur Twitter rappelle que Hillsong ne change rien à sa ligne directrice concernant l’homosexualité et le mariage, réaction qu’il complète par une déclaration puis un article, qui tous deux répètent inlassablement les mêmes arguments: on peut avoir des amis gays, voire même les apprécier, mais Hillsong ne peut pas les encourager dans leur «style de vie»; de plus, à partir du moment où une personne homosexuelle fait son coming-out, il est évident qu’elle sera écartée de toute responsabilité. C’est effectivement ce qui est arrivé au charismatique et précédemment adoré chef de chœur du Campus de New York.

Mon sentiment, en tant que théologienne et chrétienne inclusive, se résume à cette phrase: «on peut porter des vestes cool en cuir, se raser la moitié de la tête, avoir un tatoo stylé de Jésus et vendre des millions de CD chrétiens, si on écarte de bons leaders en fonction de leur orientation sexuelle, on n’est qu’à moitié-hypes et surtout… on n’aime qu’à moitié!»

Frères et sœurs LGBTI et inclusifs qui fréquentez Hillsong, prenez garde: demain, ça peut être votre tour.

Joan Charras Sancho

Joan Charras Sancho est une théologienne protestante, membre de l’Union des églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal). Mère de trois enfants et femme de pasteur, elle travaille pour une association caritative. Engagée depuis cinq ans dans le Carrefour de Chrétiens Inclusifs, elle anime des temps de prière inclusifs en Alsace.