Depuis aujourd’hui, mercredi 5 août 2015, et jusqu’au 9 août, Kampala, capitale de l’Ouganda, accueille la Pride. Contrairement aux Prides organisées dans d’autres pays, celle-ci se tiendra en toute discrétion dans des endroits secrets, loin du grand public. Une décision de bon sens dans un pays où les projets de loi anti-LGBT sont en constante discussion et l’homophobie omniprésente. De ce fait, la participation à ces événements se fait uniquement sur invitation. Les détails, quant à eux, sont diffusés sur des groupes privés en ligne.

«Ce n’est pas une manifestation mais une célébration», a déclaré à The Guardian Richard Lusimbo, l’un des organisateurs de la Pride d’Ouganda. Cette année, les militant.e.s fêtent notamment le premier anniversaire de l’annulation de la loi anti-homosexualité (lire Ouganda: La loi anti-homosexualité jugée inconstitutionnelle). Au programme: des projections de films, un cocktail, un petit défilé (dont The Guardian précise qu’il sera «discret») et une élection de Mr et Miss Pride. «Nous encourageons les personnes LGBT à sortir avec leur famille pour montrer que les personnes homosexuelles ont aussi des enfants ou des partisans au sein de leurs familles. Nous voulons prouver aux gens que nous ne sommes pas des extra-terrestres. Nous avons toujours existé», a-t-il confié à CNN.

«L’Ouganda a encore un long chemin devant lui avant que toutes les orientations sexuelles soient acceptées», admet-il. La question de la sécurité, en particulier, reste particulièrement lourde: «Parfois, je vérifie derrière mon dos mais je ne peux pas fuir jusqu’à la fin de ma vie. J’ai besoin de vivre comme un Ougandais normal», insiste-t-il. Un long chemin sur lequel la communauté LGBT ougandaise est inexorablement engagée. Le site LGBT ougandais Kuchu Times propose un petit retour en arrière, à la première Pride organisée en 2012 à l’initiative de la militante Kasha Jacqueline, pour évaluer l’évolution jusqu’à la Pride 2015. En 2012, la Pride s’est achevée par des arrestations, mais les 13 personnes emprisonnées ont rapidement été libérées. En 2013, l’ombre de la loi anti-homosexualité planait lourdement sur les célébrations. «Nous sommes là», clamait alors le slogan de la Pride. En 2014, les militant.e.s envisageaient leur vie post-adoption de la loi anti-homosexualité. L’événement était vraiment dirigé contre le texte et tout ce qu’il entraînait – discrimination et persécution –, souligne Kuchu Times. La fête a pris le dessus lorsque la loi a été annulée, à quelques jours du lancement de la Pride.

Et en 2015, explique le média, «l’excitation et la jubilation au sein de la communauté est incomparable. Consciente des nombreux obstacles qui ont été surmontés, des batailles gagnés et combats menés, la communauté se réunit et soulève sa banderole: “We are family!”».

Récemment, pour la première fois, un candidat à la présidentielle a pris position contre l’homophobie.

Via Anthony Bellanger.

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