De la jeunesse de Daphné du Maurier, la romancière Tatiana de Rosnay raconte le tempérament tout feu tout flamme d’une enfant un brin garçon manqué sur les bords. Preuve en est, ce garçon de dix ans auquel elle donne le nom d’Eric Avon, alter ego masculin qu’elle enfermera à double tour dans sa tête en grandissant, mais qui se réveillera au gré de rencontres avec des femmes qui joueront un rôle important tout au long de sa vie. Si Daphné du Maurier n’aurait pas supporté une seconde qu’on la qualifie de «vénitienne» (nom donné aux lesbiennes à l’époque), la vie de la romancière, pourtant mariée et mère de famille, est parsemée de romances plus ou moins platoniques, parfois à sens unique avec d’autres femmes. Tatiana de Rosnay signe la biographie quasi romanesque d’une femme brillante et indépendante, et d’une artiste passionnée, dédiée toute entière à l’écriture de romans qui furent des succès populaires majeurs, dont le célèbre (et très crypto-lesbien) Rebecca porté à l’écran par Alfred Hitchcock.

Manderley for ever, Tatiana de Rosnay, Albin Michel, 464 p., 22€.

 

Cet article est extrait des Lectures de Yagg du 19 juin, à lire en intégralité ici.