En novembre dernier, l’association de soutien aux jeunes LGBT Deti 404 («enfants 404») a été menacée par la justice et accusée de faire de la «propagande homosexuelle». Déjà condamnée en janvier, Elena Klimova, la fondatrice de l’association vient une nouvelle fois de recevoir une amende.

Harcelée depuis plusieurs mois par la justice russe afin de bloquer son activité dans le pays, Deti 404 a continué à fonctionner malgré la pression du gouvernement. Depuis sa création en 2013, le site encourage les jeunes LGBT à partager leurs expériences et leurs témoignages. Elena Klimova vient de recevoir une amende de 50 000 roubles (l’équivalent de 760 euros)  pour avoir fait la «propagande des relations sexuelles non traditionnelles» auprès des mineurs. Cependant, la militante n’a pas dit son dernier mot et compte faire appel de la décision du tribunal de Nizhny Tagil. «Cela aide beaucoup de voir combien de bonnes personnes sont là. Cela permet de ne pas sombrer», a-t-elle écrit un peu plus tôt dans la semaine en réponse aux soutiens qu’elle a reçu.

DE NOUVELLES DIFFICULTÉS POUR LES MILITANT.E.S LGBT
La situation pour la communauté LGBT continue de se compliquer en Russie. Prévue le 2 août, la Pride de Saint Petersbourg a été interdite par les autorités sous prétexte que l’événement constitue un acte de «propagande homosexuelle». Des ONG ont lutté durant plusieurs mois pour la maintenir, sans succès. De plus, pour la première fois depuis son entrée en vigueur en mai 2015, le gouvernement russe a appliqué sa nouvelle loi sur les organisations étrangères «indésirables» et a inscrit sur liste noire la National Endowment for Democracy (NED), association caritative basée aux États-Unis. «La nouvelle loi ciblant les organisations étrangères qui travaillent en Russie est destinée à restreindre la liberté d’expression et d’association. Son usage sur la durée aura un effet dévastateur sur le travail des organisations nationales qui défendent les droits humains des citoyens russes et refrènent les autorités», a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. Bien avant que cette loi soit instaurée en Russie, des ONGs LGBT, comme Coming Out à Saint Pétersbourg, avaient déjà fait l’objet de pressions de la part des autorités russes et étaient accusées d’être des agents de l’étranger.