«J’ai remarqué que, maintenant, ce n’est plus LGBT. Vous avez ajouté: lesbiennes, gay, bisexuels, transsexuels, intersexuels, queers and friendly. Vous avez oublié certainement la zoophilie, c’est ça qui me gène», cette citation correspond aux propos proférés, en plein milieu du conseil municipal en février dernier par Louis Noguès, un élu d’extrême-droite du Mans. Suite à la décision du parquet du TGI du Mans, sa convocation pour injures publiques en direction d’un groupe en raison de son orientation sexuelle a été reportée au 14 septembre prochain. L’association LGBT Homogène, à l’origine du signalement des propos, se constituera partie civile à l’audience.

Lors du conseil municipal, Louis Noguès avait interpellé Marlène Schiappa, adjointe au maire du Mans, chargée de l’Égalité, de la Lutte contre les discriminations et de la Charte LGBT. «Elle exposait un rapport concernant l’actualisation de la charte LGBT et la relance du centre LGBT, il paraissait nécessaire de mettre à jour la charte notamment suite à la légalisation du mariage pour tous», précise à Yagg Maître Jean-Bernard Geoffroy, l’avocat et le président du Ravad (Réseau d’assistance aux victimes d’agressions et de discriminations) qui représentera l’association Homogène. «Pour nous, c’est une façon de s’affirmer, ne pas se laisser faire par des personnes qui tiennent ces propos, explique à Yagg Michel Mayet, président de l’association LGBT Homogène. Nous avons décidé de riposter pour montrer notre opposition à ce type de discours homophobe».

L’association, sur la recommandation du Ravad, avait saisi le procureur en rapportant des paroles dont elle n’avait pas été témoin, lors de la séance du conseil municipal. Suite au signalement auprès du parquet, le procureur de la République a saisi le Service régional de police judiciaire (SRPJ) pour qu’il mène une enquête, avant de confirmer ces injures et poursuivre Louis Noguès.

EXCLU DU FRONT NATIONAL?
Louis Noguès devait par ailleurs se présenter mi-juillet au siège du Front national devant la commission de discipline du parti. Ce ne sera finalement pas le cas: «La commission des conflits vient d’annuler la session de juillet et de la reporter à septembre. La date n’est pas fixée à ce jour», déclarait l’élu manceau dans un article du Maine Libre. Deux convocations, et donc un mois de septembre chargé pour Louis Noguès. L’élu est actuellement suspendu du parti comme Yagg le précisait en mars dernier.

«Une nouvelle fois, des propos homophobes et discriminants ont été proférés en un laps de temps court par des membres du Front National, constate Maître Jean-Bernard Geoffroy. Un autre élu FN, Richard Jacob à Auxerre a vu sa condamnation pour violences et provocation à la haine et à la discrimination confirmée en appel en mai 2014. «Cela laisse penser que les élu.e.s du FN ont pour habitude d’avoir ce type de comportement», conclut l’avocat. En février dernier, une candidate étiquetée FN aux départementales de l’Ariège avait elle aussi fait parler d’elle avec des propos violemment lesbophobes et islamophobes postés sur son compte Twitter. Interrogé sur ces nombreuses sorties des candidat.e.s FN durant la campagne, le vice-président du parti Florian Philippot avait parlé à l’époque d’un «infime pourcentage de turpitudes».