L’information circulait depuis lundi matin, elle est aujourd’hui confirmée. Faute de repreneur, le magazine Têtu a de fortes chances d’être liquidé le 23 juillet prochain. « L’administratrice judiciaire nous a informé qu’aucune offre ne répondant aux exigences du code de commerce n’avait été déposée », explique Yannick Barbe, directeur de la rédaction de Têtu (et co-fondateur de Yagg). « Par conséquent, il a été demandé au tribunal une audience. Celle-ci fixée au 23 juillet, peut prononcer la liquidation judiciaire », poursuit-il. En fait, deux offres ont été déposées, mais elles n’ont pas été jugées sérieuses. Tout n’est peut-être pas perdu. En théorie,  un repreneur de dernière minute peut toujours se manifester, mais Yannick Barbe estime que ces chances sont « minimes ». Malgré tout, l’ensemble des salariés du magazine, qui a publié une tribune sur le site, veut encore y croire.

Vingt ans après sa création, et deux ans après le rachat du titre (détenu depuis l’origine par Pierre Bergé) par Jean-Jacques Augier, avait été mis en redressement judiciaire le 1er juin dernier. Malgré une réduction des pertes, le titre était toujours déficitaire et Jean-Jacques Augier était prêt à céder Têtu à un groupe de presse qui maintiendrait le magazine papier et le site web.

Mais, six semaines plus tard, aucune des offres présentées à l’administratrice judiciaire n’a été jugée suffisamment  sérieuse. La société éditrice devrait donc être mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce.

Lors de l’annonce de la mise en redressement judiciaire, Jean-Jacques Augier expliquait sa démarche.  «Un petit acteur ne peut résister seul face au réseau de distribution qui s’étiole et aux agences médias qui négocient sans cesse les prix et allongent les délais de paiement», avait-il déclaré aux Échos, précisant: «Je veux donner une chance à Têtu de survivre en s’adossant à un groupe. On a du mal à imaginer le paysage sans lui».

L’équipe de Yagg, dont une grande partie est issue de Têtu, tient à manifester toute sa solidarité au magazine et à son équipe.