Dans une interview accordée au site suisse «Le Temps», l’écrivain et activiste trans’ d’origine espagnole Paul B. Preciado s’est confié sur son travail en tant que philosophe, mais aussi sur son enfance: «J’étais fille unique dans une famille pas vraiment bourgeoise mais religieuse, de droite et proche de l’establishment militaire. J’ai été une mauvaise élève et, en plus de questionner mon assignation sexuelle, je me sentais terriblement laide à cause d’une déformation congénitale de la mâchoire. On me surnommait d’ailleurs Fea-triz [de «fea», laid en espagnol]». Ancien directeur du programme d’études indépendantes du Musée d’art contemporain de Barcelone (Macba), il est aussi connu pour avoir été en couple avec l’écrivaine Virginie Despentes entre 2005 et 2014. Aujourd’hui, il se consacre à l’écriture d’un livre sur l’histoire des fluides, un autre sur le nom de Paul, qu’il a choisi en janvier 2015, et un poste à l’université de Princeton aux Etats-Unis lui a été offert.

«LORSQU’ON DISAIT ELLE, C’ETAIT UNE BLESSURE» 
L’article suisse évoque aussi le parcours personnel du philosophe castillan sur sa transidentité: «Cela faisait longtemps que j’étais dans une démarche transgenre. J’avais commencé à prendre de la testostérone comme expérimentation, puis j’ai augmenté les doses. Lorsqu’on disait «elle» pour me qualifier, c’était une blessure, alors j’ai décidé de changer de nom. Aujourd’hui, chaque fois que quelqu’un m’appelle Paul, c’est un acte de coopération qui devient un acte de résistance politique. D’une certaine façon, je suis dans une récupération active de ce qui radicalement m’a été volé: la joie de l’enfance.»

A lire sur le site Le Temps