Spécialisé dans les services de soins, de dépistage du VIH et des IST, d’addictologie et de sexologie, Le 190 quitte le Boulevard de Charonne après une recherche active de nouveaux locaux. Le centre déménagera dans les mois à venir au 46 rue Surmelin, dans le XXe arrondissement de Paris, après avoir signé le bail le 3 juillet dernier. «On pense déménager d’ici la fin de l’année, ou le début de l’année prochaine, pas avant.  Il va y avoir le passage d’une commission en termes de normes, en espérant que celle-ci ne nous retarde pas trop», explique à Yagg Franck Desbordes, président du centre Le 190.

L’ARRIVÉE D’UNE GYNÉCOLOGUE ET D’UN CABINET DENTAIRE
En doublant sa superficie, avec environ 215 mètres carrés, Le 190 se félicite de l’obtention de l’agrément en gynécologie délivré par l’Agence régionale de la Santé (ARS). «Cela permettra d’accueillir des femmes séropositives et des lesbiennes», ajoute Franck Desbordes. Autre nouveauté, la volonté de l’organisme de proposer dans leur futur lieu des prestations dentaires. «Il y a une forte demande de notre public. On est parti pour plusieurs mois de chantiers administratifs pour trouver un dentiste avec l’ARS afin d’obtenir l’agrément dentaire», reconnaît le Président de l’organisme. Ces deux nouvelles activités pourront être proposées lorsque l’emménagement dans les nouveaux locaux sera effectué. Reste à lancer le chantier délicat de la réflexion sur l’équilibre financier.

«MERCI ANNE HIDALGO»
Dans son dernier communiqué de presse intitulé «Merci Anne Hidalgo», l’équipe du 190 remercie ses différents soutiens moraux et financiers dont la Maire de Paris et son adjoint en charge de la santé, Bernard Jomier. «Grâce à votre engagement (…), nous avons gagné la première manche. Travaillons maintenant ensemble pour nous aider à trouver une structure pérenne de financement».  Mais aujourd’hui «l’oasis de la santé sexuelle en plein cœur du 20e arrondissement», comme le surnomme son président, est toujours en difficulté financière, avec un déficit annuel d’environ 220 000 euros.

La crise financière n’est donc pas passée. Comment recueillir plus d’argent sans pénaliser le suivi et l’accompagnement des patients accueillis? «On ne veut pas recevoir cinq patients par heure, comme ailleurs. Nous avons démontré au fil des années que nos méthodes donnent des meilleurs résultats que ceux dans les hôpitaux», affirme Franck Desbordes.

Le 190 compte actuellement sur les nombreuses subventions dont il dispose, près de 150 000 euros de la part de l’ARS, mais surtout un fort soutien de la classe politique: 23 000 euros pendant 3 ans de la part de la Maire de Paris, tandis que Laure Lechatellier (EELV), 7e vice-présidente du conseil régional d’Île-de-France, chargée de l’action sociale, des formations sanitaires et sociales, de la santé et du handicap a promis d’aider à hauteur de 30 000 euros pendant 3 ans à partir de 2015. La sénatrice et conseillère régionale Ile de France, Chantal Jouanno (UDI) a débloqué 3000 euros de sa réserve parlementaire, le député de la 7e circonscription de Paris, Patrick Bloche (PS) 10 000 euros. De son côté, Danielle Simonnet (Front de Gauche) a contacté le 190 pour lui annoncer la présentation d’un vœu rattaché au Conseil de Paris. Ce dernier, tous bords politiques confondus a voté pour soutenir davantage Le 190. «C’est un engagement fort», conclut à Yagg Franck Desbordes.