Le soleil de plomb et le thermomètre avoisinant les 40°C n’auront finalement pas eu raison des Madrilènes. Samedi 4 juillet, à l’occasion de «la semana del Orgullo» (semaine des fiertés, en français), la marche des fiertés de la capitale espagnole a mobilisé plus d’un million de personnes (chiffres organisateurs), entre Atocha et la place Colón, le long de l’avenue du Prado, pour demander de nouvelles lois d’égalité, notamment sur l’identité de genre, et un approfondissement de la lutte contre les LGBTphobies.

Très politique, la marche sur laquelle soufflait le vent du changement, était menée par les représentant.e.s associatifs de la Fédération étatique lesbienne, gay, trans’ et bie (FELGTB) et du Collectif des lesbiennes, gays, trans’ et bi.e.s de Madrid (Cogam), mais aussi de nombreux leaders politiques de gauche et du centre comme Pablo Iglesias, figure de proue de Podemos, Beatriz Gimeno, députée lesbienne Podemos de l’Assemblée de Madrid, Carla Antonelli, députée trans’ du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à l’Assemblée de Madrid ou encore Alberto Garzon, jeune leader de Izquierda Unida, les écolos-communistes. Le cortège, impressionnant par sa densité, a par ailleurs rendu hommage à Pedro Zerolo, père de l’ouverture du mariage aux couples homos en 2005, décédé début juin, dont le souvenir planait incontestablement sur le quartier de Chueca, le quartier gay de Madrid.

NOCES D’ÉTAIN
Mais, cette année, la pride madrilène célébrait avant tout les noces d’étain du mariage égalitaire adopté par les député.e.s espagnol.e.s il y a tout juste 10 ans, le 30 juin 2005. Nombreux/euses sont d’ailleurs les manifestant.e.s que Yagg a interrogé.e.s à confier que cette loi, novatrice à l’époque en Europe, a changé leur vie et les mentalités (des témoignages à retrouver très prochainement dans un reportage sur Yagg). Et même si de nombreux combats sont encore à mener, en particulier, contre les discriminations au travail, la recrudescence des crimes de haine LGBTphobes ou pour enrayer l’épidémie du sida.

Marche solidaire, la pride de Madrid a également vu fleurir les pancartes en soutien au peuple grec qui célébraient «l’amour à la grecque», mais également en soutien aux LGBT russes. Une mobilisation sans précédent, véritable fête nationale investie à bras le corps par la nouvelle municipalité dirigée par l’«indignée» Manuela Carmena, de bonne augure à deux ans de la World pride que la capitale espagnole accueillera en 2017.