Vendredi 26 juin, la Cour Suprême américaine autorisait le mariage des couples homosexuels dans tous ses états. Une décision qui a été célébrée aux quatre coins du monde, notamment en Chine où une militante féministe lesbienne chinoise s’est mariée en hommage à la légalisation aux Etats-Unis. Bahram Radan, considéré comme le Brad Pitt iranien, s’est réjoui de la nouvelle et a posté un tweet à ce sujet au lendemain de l’annonce: «La décision de la Cour Suprême des Etats-Unis qui légalise le mariage de couples de personnes de même sexe était historique, peut-être à l’échelle de l’abolition de l’esclavage…de Lincoln à Obama.» Très vite, l’acteur a dû se rétracter suite à de fortes pressions et présenter ses excuses.

 

tweet bahram radan yagg

Le tweet a été supprimé quelques heures après sa publication.

 

Quelques heures plus tard et après une pluie d’insultes homophobes ainsi que de critiques de la part des médias, Bahram Radan a supprimé sa publication. Le journal Keyhan -très conservateur- a demandé à ce que l’acteur soit mis sur liste noire et convoqué au ministère de la Culture et de l’Orientation islamique pour un interrogatoire. Suite à cela, le quotidien a publié une lettre d’excuses de Bahram Radan où il devait « clarifier » sa position au sujet du mariage entre personnes du même sexe. Celle-ci s’adresse directement à Hossein Shariatmadari, le rédacteur en chef de Keyhan: «Ce que j’ai publié sur Internet concernant mon opinion sur la décision de la Cour Suprême des Etats Unis à propos de la légalisation du mariage pour tous était une erreur et ne reflète pas la dignité du peuple iranien, auquel je présente mes excuses, a écrit l’acteur. Nous vivons dans un pays qui célèbre le mariage en tant que tradition du prophète [Mahomet]. Les lois américaines n’ont aucun impact sur la république islamique et le mariage des couples de même sexe est répréhensible en vertu de nos lois sociales et religieuses, et selon nos valeurs sociales».

Comme en témoigne par exemple la récente vidéo propagande «anti-gay» diffusée sur un site iranien, la société iranienne est encore très hostile à l’homosexualité. «Les autorités veulent que l’homosexualité reste tabou. Elles ont peur qu’en Iran, les gens se mettent à parler de l’homosexualité comme une minorité sexuelle et non comme une maladie. Elles ne veulent pas que ce soit normalisé», a déclaré au Guardian Soudeh Rad, une militante pour l’égalité des genres iranienne basée à Paris.