Cakes Da Killa, c’est un rap agressif qui parle de drague sur Grindr et de plans cul, couplé avec un look et des manières de diva. De son vrai nom Rashard Bradshaw, il sera sur la scène de la Gaîté Lyrique pour le festival Loud & Proud début juillet. Âmes prudes s’abstenir. Pour toutes les autres, on ne peut que vous conseiller de prendre vos places fissa pour assister au concert de cette bête de scène.

Même s’il fait partie de la programmation du Loud & Proud, Cakes Da Killa considère le terme «queer» peu adapté pour le décrire: «Je suis contre tout ce qui peut regrouper les gens, explique-t-il à Yagg. Chaque individu est différent et pour moi, les étiquettes font plus de mal que de bien.» Qu’on se le tienne pour dit. Et festival queer ou pas, le rappeur a bien l’intention de livrer un show mémorable et à la hauteur de sa réputation: «J’adore être sur scène de façon générale, alors j’ai toujours hâte de monter sur scène. Je vais réellement à chaque concert en essayant de me lâcher le plus possible et qu’arrivé à la fin le public se dise “Merde, c’était un concert de dingue!” même si certain.e.s n’avaient aucune idée de qui je suis. J’essaie de quitter la scène en sachant que j’ai plu à mes fans et que je m’en suis fait quelques nouveaux.»

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Souvent mis dans le même panier que les rappeurs Mykki Blanco, Le1f (qui sera le même soir au Loud & Proud) ou Zebra Katz, tous en première ligne de la vague du hip hop queer, Cakes Da Killa n’est pas friand de ce genre de raccourci:

«En fait, chacun d’entre nous apporte quelque chose de différent au genre mais le hip hop était beaucoup plus divers quand j’étais plus jeune alors pour moi, ce n’est pas incroyable qu’enfin les médias remarquent les artistes ouvertement gays. Je peux comprendre que ça puisse paraître révolutionnaire pour certains, mais pour moi, je suis juste moi-même.»

Mais si les étiquettes et le côté communautaire ne sont pas franchement la tasse de thé de Cakes Da Killa, il est bien conscient que voir dans les médias des personnalités LGBTQ est capital: «Je pense que c’est génial d’avoir de la visibilité. Je me souviens que quand j’étais petit, RuPaul avait une émission, et ça a eu un énorme impact sur moi. Je ne me vois pas personnellement comme un modèle mais plus comme un moyen de donner plus de visibilité, et c’est ce qui me parait très important pour l’avenir.» Justement, lui, a-t-il des modèles qui l’ont aidé à se construire? Il cite la télévision et les livres qu’il a lus à la bibliothèque, mais surtout une personne qui a eu un rôle particulièrement important, sa mère: «J’ai été élevé par une femme forte et indépendante qui m’a inculqué beaucoup de valeurs fondamentales. Dans la vie, j’ai rencontré des personnes LGBT qui m’ont aidé avec les petits problèmes qu’on rencontre dans la vie quand on décide de vivre selon notre propre vérité.»

Cakes Da Killa a fait l’objet d’un court métrage documentaire, NO HOMO, réalisé par Ja’Tovia Gary qui a aussi réalisé son clip Goodie Goodies. Un film où il explique entre autres le pourquoi du comment de ses textes crus et explicites: «Salope. La communauté gay noire prend les choses négatives et les mélange avec du positif, explique-t-il dans le film. Ça retourne les choses. Si on me traite de pédé, alors je serai le meilleur pédé. Et le meilleur, c’est… une salope.»

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«C’était important de montrer l’ensemble de ma personnalité car beaucoup de gens essaient de te mettre dans une case après avoir écouté ta musique, constate aujourd’hui Cakes Da Killa. Les gens essaient de faire des artistes des personnages à deux dimensions et ne parviennent pas à comprendre que nous sommes aussi complexes qu’eux.»

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Cakes Da Killa sera au Lieu Unique à Nantes le vendredi 3 juillet, et à la Gaîté Lyrique samedi 4 juillet.