Deux ans après sa vente par Pierre Bergé, la société CPPD, éditrice du magazine gay Têtu, a été mise en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, lundi 1er juin, à la demande de son propriétaire actuel Jean-Jacques Augier. L’année précédant la transaction, le magazine accusait des pertes de 2,2 millions pour un chiffre d’affaires de 3,5 millions. En 2014, après un plan d’économies drastique, les pertes étaient de 1,1 million pour un chiffre d’affaires de 2,8 millions selon l’AFP. En 2015, entre 500 000 et 600 000 euros de pertes sont prévus. En cause, selon le communiqué de l’équipe dirigeante publié sur le site du magazine, «les difficultés structurelles du réseau de distribution de la presse et l’attitude agressive de certaines agences de publicités qui, pour dégager de meilleures marges à court terme, prennent le risque d’étrangler les supports».

CHANGEMENT DE LIGNE ÉDITORIALE
Depuis son rachat, un changement de ligne éditoriale, notamment sur les couvertures du mensuel (fini les mannequins anonymes, la nouvelle direction privilégie les « vrais gens ») a permis à Têtu d’augmenter le nombre d’abonné.e.s, mais «la diffusion du magazine, qui était de près de 36 000 exemplaires en 2012, est tombée à environ 28 000 en 2014», souligne Le Monde. Selon Les Échos, le site internet attire 450 000 visiteurs uniques par mois (comme Yagg, à titre de comparaison).

Le magazine, qui célèbre actuellement ses 20 ans (un dîner de gala a eu lieu le 18 mai au restaurant Les Ombres, dans les jardins du musée du Quai Branly, à Paris, en présence de plusieurs personnalités, et une fête ouverte à tou.te.s, transformée en soirée de soutien, aura lieu samedi prochain, le 6 juin, au Yoyo, au Palais de Tokyo) se donne quatre mois pour trouver un repreneur. «Un petit acteur ne peut résister seul face au réseau de distribution qui s’étiole et aux agences médias qui négocient sans cesse les prix et allongent les délais de paiement», a déclaré Jean-Jaques Augier aux Échos, précisant: «Je veux donner une chance à Têtu de survivre en s’adossant à un groupe. On a du mal à imaginer le paysage sans lui».

Convaincue que nous avons tou.te.s – internautes, lecteurs/trices et médias, tout à gagner à ce que le paysage médiatique LGBT soit le plus divers et varié possible, la Yagg Team exprime tout son soutien à l’équipe de Têtu.