Libération revenait longuement hier, lundi 1er juin, sur la guerre des nerfs que se livrent la France et le Vatican autour de la nomination de Laurent Stefanini comme ambassadeur de la première auprès du second. Un récit au long cours, qui raconte par le menu le «duel des deux François». Cette péripétie diplomatique s’inscrit dans un contexte tendu sur les questions de famille et d’homosexualité, que décrit Libération dans un autre article, consacré à l’affrontement entre conservateurs et progressistes au Vatican.

Le nom de Laurent Stefanini a commencé à circuler à l’automne 2014, il a été officiellement annoncé le 5 janvier par François Hollande en Conseil des ministres. Sans réponse du Vatican. En coulisses, les discussions se poursuivent, le Vatican demande au diplomate, soutenu par l’archevêque de Paris, de retirer sa candidature, celui-ci considère que ce n’est pas de son ressort. «Qu’est-ce qui bloque?, s’interroge Libération. Est-ce son homosexualité, connue mais très discrète? Est-il la victime d’une concurrence entre fonctionnaires du Quai d’Orsay attirés par le prestige du poste? Ou est-ce l’impression que la France cherche à forcer la main au Vatican?» Jusqu’à cet outing dans la presse, qui rend la situation publique et cristallise les tensions. «Stefanini a été outé dans la presse pour lui nuire et essayer de créer un conflit entre la France et le Vatican», croit savoir une source diplomatique française citée par Libération.

«À l’Elysée, on veut croire à une possible sortie de crise dans les jours qui viennent», indique le quotidien, qui précise: «L’affaire pourrait peut-être se dénouer samedi. Hollande a accepté le principe d’une rencontre avec le cardinal [Pietro] Parolin», Secrétaire d’État du Vatican, équivalent du ministre des Affaires étrangères.

«Le dialogue est encore ouvert et nous espérons qu’il puisse se conclure de manière positive», a indiqué Pietro Parolin, cité par La Croix. «Sur le fond, ceux qui côtoient de près le pape François expliquent que celui-ci n’a aucun grief personnel envers le candidat de l’Élysée, souligne La Croix. Son homosexualité discrètement assumée n’est pas en cause. En le recevant en privé le mois dernier, le pape a signifié que le problème ne concernait pas la personne elle-même mais ce qui est considéré comme une instrumentalisation par l’Élysée de cette nomination, au départ bien accueillie par le Saint-Siège.»

Pour un résumé humoristique de l’histoire, on se tournera vers la chronique de Charline Vanhoenacker sur France Inter ce matin:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Le Billet de Charline: « Un diplomate gay au Vatican ? »