La Turquie votera le 7 juin pour renouveler son parlement. Parmi les candidat.e.s, quatre sont ouvertement homos ou trans’. C’est le cas, notamment, de Baris Sulu. Militant de 37 ans, il s’est fait connaître lorsque son compagnon et lui ont fait une demande de licence de mariage. Le document leur a sans surprise été refusé, et l’affaire est désormais devant la justice. Baris Sulu se présente dans la province d’Eskişehir avec le parti démocratique des peuples (HDP, gauche, qui détient actuellement 29 sièges sur 550). «Les personnes LGBTI font partie du HDP depuis le début, ce n’est pas un groupe qui a été ajouté récemment au parti», a-t-il expliqué à l’agence de presse semi-officielle Anadolu Ajansi.

«J’ai commencé ma vie politique le jour où j’ai dit “Je suis gay, je vis dans ce pays et je n’ai pas l’intention de le quitter. Mon combat commence ici”.»

Autre candidate LGBT, Deva Özenen pourrait devenir la première parlementaire trans’ de Turquie. Elle aussi âgée de 37 ans, elle vit à Izmir et se présente sous l’étiquette du tout jeune parti Anadolu (ANA, centre-gauche), fondé par Emine Ülker Tarhan – sa seule représentante au Parlement – en novembre 2014.

«Si nous attendons que la Turquie soit prête, nous attendrons longtemps, estime Deva Özenen, citée par The Independent. Nous allons contre le flot. Nous essayons d’obtenir nos droits, que la société soit prête ou non.»

«Je suis discriminée en tant que trans’ et en tant que lesbienne, parce que bien que certaines personnes m’acceptent comme trans’, elles sont choquées en apprenant que je suis lesbienne. Et je suis aussi chrétienne. Je suis habituée aux discriminations et aux insultes de toutes sortes.»

D’autre part, une quarantaine de candidat.e.s ont signé la Charte des droits LGBTI lancée par l’association d’études des politiques sociales, de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle SPoD LGBTI. Leur signature les engage à défendre les droits LGBTI au Parlement en cas d’élection. Les 40 signatures recueillies à ce jour émanent de candidat.e.s des partis HDP et Parti républicain du peuple (CHP, gauche), d’un candidat indépendant et de Deva Özenen du parti Anadolu.

Si l’inclusion de candidat.e.s LGBT sur les listes est une avancée, l’association Kaos GL regrette néanmoins qu’ils et elles ne soient qu’au nombre de quatre (outre Baris Sulu, le HDP a désigné deux autres candidates LGBT, Ozlem Sen à Mersin et Gulistan Aydogdu à Ankara) et en position quasi-inéligible, ce qui reporte à 2019 l’espoir de voir l’élection des premièr.e.s parlementaires ouvertement LGBT.