Il y a deux ans exactement, le 29 mai 2013, Hélène Mandroux, maire de Montpellier, célébrait le premier mariage d’un couple de même sexe. Vincent et Bruno Boileau-Autin se sont dit oui à 18h01, en présence de plusieurs centaines de personnes, dont Najat Vallaud-Belkacem, Alice Nkom et plusieurs parlementaires, parmi lesquels Jean-Pierre Michel et Erwann Binet, les deux rapporteurs de la loi ouvrant le mariage à tous les couples au Parlement (lire Vincent Autin et Bruno Boileau se sont dit oui!).

Nous avons joint Vincent Boileau-Autin au téléphone pour revenir avec lui sur ces deux ans de mariage.

Alors que certains leur ont reproché de se mettre en avant, Vincent Boileau-Autin rappelle que c’est un concours de circonstance qui les a conduits, Bruno et lui, à devenir le premier couple de même sexe marié grâce à la loi Taubira:

«En septembre 2012, Najat Vallaud-Belkacem [alors ministre chargée des Droits des femmes] a visité la LGP Montpellier. À l’issue de la rencontre, elle a indiqué que ça serait bien que le premier mariage ait lieu à Montpellier, eu égard à l’engagement de la ville sur cette question, et que ce soit nous les premiers mariés, compte tenu de notre parcours militant. Par la suite, Montpellier a anticipé la promulgation de la loi et adapté ses documents à la spécificité des mariages de couples de même sexe. Ce qui fait que lorsque la loi a été effectivement promulguée, tout était déjà prêt.»

«730 JOURS DE BONHEUR»
Quel souvenir garde-t-il de cette journée un peu folle? «Sur le plan personnel, ça reste un souvenir exceptionnel, raconte Vincent Boileau-Autin. Il aurait pu être le premier mariage ou le 1000e, pour nous c’était forcément un moment inoubliable. Depuis, nous avons vécu 730 jours de bonheur.»

Cela n’a rien changé au regard de leur entourage, assure-t-il. «Nous avons la grande chance d’avoir un entourage amical et des familles qui respectent notre relation et notre homosexualité. Le mariage était la suite logique de notre histoire. Dans notre quotidien, cela n’a rien changé non plus. Si ce n’est que nous avons maintenant un livret de famille. Le recevoir a été l’un des moments les plus émouvants de notre relation. Et c’est un beau symbole des combats à venir.»

En parlant de ça… Vincent Boileau-Autin est président de la LGP Montpellier. Il ne lui a donc pas échappé que depuis la loi Taubira, il ne s’est pas passé grand chose pour les homos et les trans’. «Lors de la campagne présidentielle, nous portions 39 revendications. Deux ont été réalisées, le mariage et l’adoption. Il en reste donc 37… Si François Hollande commençait par respecter les promesses faites pendant la campagne sur la PMA, le droit des trans’, la dépénalisation universelle, le don du sang… ça serait déjà un bon début. Il reste deux ans avant la prochaine élection, c’est à la fois beaucoup et très peu.»

À Montpellier, on marchera le 11 juillet prochain. Récemment, la LGP a été reconnue d’intérêt général. «Cela montre bien que nos combats profitent à tout le monde», conclue Vincent Boileau-Autin.