Il y a des livres qui font du bien, et des livres qui font mal avant de faire du bien. Face à la mer appartient à la deuxième catégorie. Nuria a eu deux femmes dans sa vie, rencontrées à un an d’intervalle, au collège: Valeria la meilleure amie et Elisa qu’elle a aimée. Toutes deux en sont sorties. Différemment mais toutes deux violemment. Dix-huit ans après s’être séparées pour la dernière fois, Nuria et Elisa se retrouvent. Elles ont changé, leurs vies ont changé. Les retrouvailles sont aussi douloureuses que l’ont été les séparations. La peur qui a fait fuir Elisa effraie toujours Nuria.

Cette peur et cette douleur pénètrent l’écriture de Clara Asunción García, en débordent, se répandent. Pour suivre Nuria, il faut accepter de partager sa colère, sa terreur, son deuil, espérer aussi les voir laisser place à l’amour. Ça fait mal, mais, avec un peu de chance, ça finira par faire du bien.

Face à la mer, Clara Asunción García, Dans L’Engrenage, 190 p., 16,50€.

Cet article est extrait des Lectures de Yagg du 15 mai 2015, à lire en intégralité ici.