Coup de déprime sur la Croisette en ce vendredi: beaucoup de nos collègues / ami.e.s sont déjà rentré.e.s et la compétition touche à sa fin. Il faut bien dire que c’est un cru qui nous laisse sur notre faim… De l’avis général les films de la sélection officielle furent assez faibles, avec un certain nombre de douches froides critiques au rang desquelles La Forêt des Songes de Gus Van Sant, Marguerite et Julien de Valérie Donzelli et aujourd’hui Valley of love de Guillaume Nicloux avec Gérard Depardieu et Isabelle Huppert.

Ce qui se voudrait un hommage aux deux monstres sacrés s’avère un exercice de style fumeux , frisant souvent le ridicule au point que l’on se sente embarrassé pour eux.

Un festivalier à l’air très sûr de lui l’affirme: c’est la plus mauvaise sélection depuis 2003! Et de rappeler que Patrice Chéreau aurait «vomi» sur tous les films à l’exception de Elephant qui reçut la palme d’or.
Gilles Jacob, président historique qui a passé la main à Pierre Lescure, aurait même désavoué les choix de Thierry Frémaux, le délégué général en déplorant notamment l’absence du film d’Arnaud Desplechin Trois Souvenirs de ma jeunesse, relégué à la Quinzaine des réalisateurs.

COUP DE CŒUR
Il est vrai qu’hormis les deux très beaux films de Maiwenn (Mon Roi) et Emmanuelle Bercot (La Tête Haute, hors compétition), pas de quoi s’enthousiasmer, surtout si l’on repense à l’an dernier et ses Sils Maria, Mommy, Saint Laurent ou encore Maps to the stars pour ne citer qu’eux…

D’ailleurs mon coup de cœur ira au premier film de Thomas Bidegain (scénariste de Jacques Audiard et de Bertrand Bonello) Les Cowboys, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, avec François Damiens à contre-emploi, bluffant, et une révélation: Finnegan Oldfield (photo), jeune comédien découvert dans le film multiprimé en festival LGBT Ceci n’est pas un film de cowboy de Benjamin Parent. Ce long métrage ambitieux (en salles le 25 novembre) démarre par la disparition d’une adolescente dont le père et le frère n’auront de cesse de chercher la trace, ce qui les mènera jusque dans d’obscurs réseaux djihadistes. Jamais manichéen ni simpliste, le film cueille le spectateur et ne le lâche pas, ne ménageant pas rebondissements et situations insolites: un vrai rafraîchissement dans un cinéma français parfois planplan.

Allez, un peu de courage, quelques cocktails, une ou deux projections, et dans quelques heures on saura qui sera le lauréat de la Palme d’Or, bien sûr, mais auparavant de la Queer Palm, notre prix du cœur.