Les fans présent.e.s en masse ne font plus dans la demi-mesure. Pour bon nombre d’entre eux/elles, désormais, la France doit se retirer de l’Eurovision. Pourquoi une telle colère? Tout simplement parce que les producteurs de l’émission ont révélé la nuit dernière l’ordre de passage des 27 finalistes de l’édition 2015 du concours de chant organisé cette année en Autriche. Et cette année, la Française Lisa Angell concourra en deuxième position avec sa chanson N’oubliez pas. Soit juste après le démarrage de l’émission.

Pour beaucoup, la France est une nouvelle fois «saquée». Jusqu’en 2012, cet ordre de passage était décidé exclusivement par tirage au sort. Bien décidée à revivifier le concours, l’organisation suédoise avait décidé, en 2013, avec l’accord de l’Union Européenne de Radio-télévision (UER), d’imposer elle-même le conducteur de l’émission. Afin de l’équilibrer et de s’éviter un tunnel de chansons lentes. Histoire de rassurer celles et ceux qui craignaient que ce système favorise certain.e.s compétiteurs/compétitrices, il avait toutefois été acté qu’un tirage au sort déterminerait du passage de chacun.e en première ou seconde partie d’émission. Pas de quoi calmer les ardeurs des aficionados: à l’Eurovision, un.e participant.e a plus de chance de remporter le pompon s’il passe en deuxième partie de show. Et plus précisément entre la 17e et la 23e place. Seule Conchita Wurst était parvenue à déjouer ce système l’an passé, alors qu’elle se présentait en 11e position. Mais c’était Conchita. Avec le phénomène qui l’accompagnait alors, absent de la compétition cette année.

En 2013, la France avait ouvert le bal en première position avec Amandine Bourgeois. «Je crois que les Suédois ne savaient pas quoi faire de sa chanson», nous avait expliqué un membre de la délégation française, après l’événement. L’an passé, à Copenhague, les Twin Twin avaient ouvert le bal… de la seconde partie, en passant 14e. Ces places, on le sait, sont très compliquées. Mais la deuxième position qu’occupe désormais notre représentante – qui avait tiré une place en première partie – est carrément considérée comme «maudite». Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un œil aux résultats des années précédentes.

La pilule est d’autant plus amère pour les Français.es que, pour une fois, un véritable effort avait été consenti sur le titre censé nous représenter. Lisa Angell sait chanter. Son titre, bien que classique, est calibré «Eurovision». Entendez par là qu’il pourrait correspondre à ce qu’en attend le public européen. Enfin, la mise en scène est soignée, à l’inverse des deux dernières éditions.

On avait déjà eu la preuve que la France n’aimait pas l’Eurovision. Il semblerait désormais que cela soit réciproque.