A la veille du référendum, la voix de l’archevêque de Dublin, Diarmuid Martin s’est élevée dans le débat qui secoue l’Irlande depuis plusieurs semaines: «J’ai un point de vue sur le mariage basé sur mes convictions religieuses. Je n’ai néanmoins aucunement la volonté d’imposer mes opinions religieuses aux gens, mais j’ai aussi le droit d’exprimer les miennes dans un langage mesuré et dans les limites de la responsabilité sociale. En rendant public mes opinions dans le débat public, je ne m’attends pas à être entendu sur la base d’une déclaration dogmatique, mais sur la rationalité de mon argument.»

Une manière de signifier que même s’il est opposé à l’ouverture de mariage pour les couples de même sexe, et qu’il votera non au référendum, il refuse d’être associé aux militant.e.s du «Non» et que son avis soit utilisé. Il affirme par ailleurs se ranger à l’avis du Pape François lors du même débat qui s’était déroulé en Argentine: «Il était contre légaliser le mariage des couples de même sexe, pourtant il était cohérent en disant aux gens de ne pas porter de jugements sur un autre individu. Je sais de quelle manière l’Eglise irlandaise a traité les gays et les lesbiennes par le passé – et dans certains cas encore aujourd’hui – et ce fait ne peut être négligé.» Des propos qu’il avait déjà tenus début 2014.

COMING-OUT D’UNE JOURNALISTE
Une journaliste politique a profité de l’attention portée sur la communauté LGBT pour faire son coming out. Toute sa vie, Ursula Halligan a dissimulé son homosexualité, mais elle a souhaité mettre fin à son silence alors qu’elle allait devoir couvrir le référendum dans le cadre de son travail. Elle s’est exprimée dans une tribune particulièrement émouvante:

«Sur le plan émotionnel, j’ai vécu dans une prison depuis l’âge de 17 ans; une prison où je ne suis qu’à moitié en vie, réprimant une part essentielle de mon humanité, l’expression de mon moi profond; mon instinct à aimer. C’est une part que les hétérosexuel.le.s prennent pour acquis, comme respirer l’air. Le monde est taillé sur mesure pour eux/elles. A chaque tournant, la société présume et confirme l’hétérosexualité comme la norme. Cela atteint son point culminant dans le mariage quand un heureux couple est encensé d’un déferlement d’approbations sociales. Pour moi, il n’y a pas eu de premier baiser, pas de fête de fiançailles, pas de mariage. Et jusqu’à il n’y a pas si longtemps, aucun espoir d’aucune de ces choses. Aujourd’hui, à 54 ans, dans une Irlande différente (je l’espère), je crois avoir brisé cette prison depuis longtemps. Je ressens une sensation de perte et de tristesse pour le temps précieux gaspillé dans la peur et l’isolement.»

Dernier jour avant le référendum, dernier tour de piste pour les militant.e.s des deux camps. La vidéo (parodique) 7 Ways You Can Campaign Against Marriage Equality permet d’avoir toutes les clefs en main pour convaincre les partisans de l’égalité de leurs erreurs… avec une bonne dose de mauvaise foi et d’exagération dedans, évidemment.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur 7 Ways You Can Campaign Against Marriage Equality