En 2012, le Conseil de l’Ordre des médecins avait été saisi par l’Association des familles homoparentales (ADFH), et avait infligé un blâme au médecin et maire de Sète, François Commeinhes, assorti d’une peine d’inéligibilité aux fonctions ordinales du Conseil de l’Ordre des médecins, après ses propos choquants tenus lors d’une conférence de presse. L’élu UMP de Sète avait déclaré trouver l’idée de marier des couples de même sexe «un peu absurde» car cela «n’apporte qu’une couverture sociale», ajoutant au passage avoir «beaucoup d’amis gays» et avoir, dans le cadre de sa profession de gynécologue, «accouché des gays femelles». La déclaration avait provoqué l’indignation de plusieurs associations, si bien que l’élu, devenu sénateur de l’Hérault en 2014, avait finalement présenté des excuses, sans toutefois retirer ses propos: «En tant que médecin et dans la bouche du gynécologue que je suis, il est bien évident que les mots “mâle” et “femelle” n’ont aucune connotation discriminatoire.» François Commeinhes avait fait appel de la décision de la Chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des Médecins du Languedoc-Roussillon.

C’est devant la chambre disciplinaire du Conseil national de l’Ordre des médecins que François Commeinhes s’est présenté ce matin, avec face à lui, le président de l’ADFH, Alexandre Urwicz: «Nous étions là uniquement pour demander à la chambre de confirmer le blâme infligé par la Chambre Disciplinaire Régionale», a-t-il indiqué à Yagg. Selon le militant, l’avocat de François Commeinhes a plaidé que «le mot “femelle” n’était pas discriminant puisque cité par Le Petit Robert pour distinguer les espèces animales mâles et femelles incluant l’homme en général»: «Il a plaidé que M. Commeinhes s’était exprimé en tant que maire et pas en tant que docteur et que l’ordre des médecins n’avait rien à redire».

Représentée par l’avocate Roxane Lacour, l’ADFH a contre-argumenté en indiquant que François Commeinhes «s’exprimait bien en tant que médecin pour déclarer avoir accouché des femmes» et «qu’il s’agissait bien d’un rabaissement de l’être humain au rang de l’animal en utilisant volontairement un terme vétérinaire»: «J’ai ajouté que le propos était indiscutablement homophobe comme accoucher des juives femelles serait antisémite, accoucher des arabes femelles xénophobe ou accoucher des noires femelles raciste, affirme Alexandre Urwicz, et que le code de déontologie et celui de la Santé ne permettaient pas ces dires attentatoires au respect de la dignité des patientes, et de l’individu en général. Que personne dans la salle, m’adressant au Président et aux assesseurs, n’avait jamais entendu un médecin dire qu’il avait accouché des hétérosexuelles femelles, ou des femelles plus simplement.»

«Le Président a demandé au docteur Commeinhes s’il pourrait réitérer ses propos aujourd’hui, le Dr Commeinhes a indiqué que non.»

La décision du Conseil national de l’Ordre des médecins devrait être connue d’ici quelques jours.