On peut être favorable à l’accueil des personnes homosexuelles dans l’église et espérer quand même les guérir. La preuve avec Jean-Marie Lovey, évêque de Sion (Suisse). «L’homosexualité peut être guérie», a-t-il estimé dans un entretien publié par Le Nouvelliste. Le prélat ne voit néanmoins pas l’homosexualité comme une maladie mais comme «une faiblesse de la nature». «La preuve, c’est qu’il y a une souffrance réelle de la personne qui le vit et de son entourage, souligne-t-il. Mais cela n’enlève rien à l’humanité de la personne homosexuelle, ni à sa dignité.»

Des propos qui ont vite fait réagir Barbara Lanthemann, secrétaire générale de l’Organisation suisse des lesbiennes (LOS) et députée suppléante du Grand Conseil du Valais: «On peut désormais se poser la question, aurons-nous droit à des séances d’exorcisme?», s’interroge-t-elle dans un communiqué.

«Une fois encore, un prélat de l’église catholique offense des milliers de personnes et s’en tient à une vision moyenâgeuse de la sexualité, poursuit-elle. Prétendre que l’homosexualité est une maladie relève d’une approche digne des pires époques de notre histoire lorsqu’on mettait au bûcher les “invertis” et les “sorcières”. De tels propos incitent au rejet, à l’exclusion et précipitent toute une jeunesse dans le désespoir le plus profond. (…) À l’heure où d’autres communautés religieuses ouvrent leurs portes aux personnes homosexuelles, l’église catholique se barricade derrière ses dogmes anachroniques et fait preuve d’une irresponsabilité outrageante.»

«Si la prière pouvait guérir de l’homosexualité, vu le nombre de personnes qui prient pour les personnes LGBT, cela ferait bien longtemps que les minorités sexuelles n’existeraient plus!», estime pour sa part le comité de la Pride Valais/Wallis, qui organise la marche du 13 juin prochain.

«La prière devrait guérir de la souffrance, de l’homophobie.»