Journée un peu morose, aujourd’hui, au centre de presse du Wiener Stadthalle (Vienne, Autriche). Faut dire que la première demi-finale de l’Eurovision qui pointe le bout de son nez et qui sera diffusée ce soir en direct sur France Ô dès 21 heures ne suscite que peu d’enthousiasme de la part des journalistes. En cause, sa programmation plutôt pauvre, il faut bien l’avouer. Manque de bol pour le public français: c’est cette émission-là qu’il devra se farcir, la France étant obligée de programmer au moins l’une des deux demi-finales. Celle de jeudi – et on aura l’occasion d’en reparler – a tellement plus de gueule.

À l’Eurovision, il faut le savoir, chaque émission est répétée dans les conditions du direct trois fois avant sa retransmission officielle. C’est donc peu dire que chacun.e, ici, a déjà son opinion sur ce que les téléspectateurs/trices découvriront. Côté mise en scène, les Autrichien.ne.s ne se sont pas vraiment foulé.e.s… Si l’ensemble rend vraiment bien à l’écran (les effets visuels sur scène sont souvent bluffants!), cette première demi-finale ne se veut pas franchement novatrice. Les battements de cœur qui introduisent chaque candidat.e, par exemple, étaient déjà présents dans la scénographie allemande en 2011, à Düsseldorf. Petite déception également du côté des animatrices: leur humour ne fait pas forcément mouche. On est très loin d’Anke Engelke (toujours en 2011) ou de l’inimitable Petra Mede à Malmö (Suède), il y a deux ans. Dommage.

animatrices eurovision 2015
©Andres Putting, Elena Volotova (EBU)

Et on ne parle même pas là des pastilles vidéo censées amuser pendant les votes. L’un des clips, d’ailleurs, est totalement surréaliste, et présenté du point de vue d’animaux. L’introduction, en revanche, a de quoi séduire. Après le générique haut en couleur, c’est Conchita Wurst, la gagnante de l’an passé, qui ouvre le bal en reprenant Rise like a Phœnix, accompagnée d’un orchestre. Frissons garantis.

conchita wurst sf 1 eurovision 2015
©Andres Putting, Elena Volotova (EBU)

Seize participant.e.s s’affronteront donc ce soir. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire. Loïc Nottet (dont le passage est prévu à 21h21), le représentant belge avec Rythm inside, propose le titre le plus frais de la soirée (photo d’ouverture). Pour le reste, on aura affaire à quelques ritournelles conventionnelles mais efficaces (la Russie, l’Estonie), des titres clichés qui ne manqueront pas d’interpeller les moqueurs (la Serbie), et des ballades où on s’emmerde franchement (l’Arménie, la Grèce, la Hongrie…). Reste la présence du groupe finlandais PKN qui ne manquera pas de secouer tout ça avec son titre punk.

Pas question toutefois de bouder l’événement. On fait la fine bouche, mais ça reste l’Eurovision, quoi. Et donc, voilà cinq bonnes raisons d’assister au show de ce soir, pour lequel vous serez d’ailleurs appelé.e.s à voter!

1. Parce que les langues de vipère vont avoir du grain à moudre.
2. Pour la Moldavie. Parce qu’on aime ses danseurs/danseuses.
3. Pour les pauses-pipi facilitées, au regard des chansons chiantes.
4. Pour apprendre à prononcer le nom de l’interprète des Pays-Bas, Oosterhuis.
5. Pour Loïc Nottet.

Notre pronostic: l’Arménie, la Belgique, la Finlande, la Grèce, l’Estonie, la Hongrie, la Russie, le Danemark et la Georgie devraient se qualifier ce soir. On verra demain si notre boule de cristal est efficace…

Let the Eurovision Song Contest begin!

Dernière minute: Lisa Angell, la représentante française, sera présente ce soir, en fin de programme, juste avant l’annonce des résultats.

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