Est-ce elle qui s’est mal exprimée? Lui qui a mal cité ses propos? Toujours est-il que Cate Blanchett, en fait, n’a pas eu «de nombreuse relations avec des femmes». Lors de la conférence sur le film Carol, de Todd Haynes, pour lequel elle se trouve au Festival de Cannes, l’actrice a corrigé les propos qui lui ont été attribués la semaine dernière dans Variety:

«De mémoire, voici la conversation: “Avez-vous eu des relations avec des femmes?”, Et j’ai dit, “Oui, de nombreuses. Est-ce que vous voulez parler de relations sexuelles avec des femmes? Alors la réponse est non”. Mais visiblement ça n’a pas été pris en compte.»

L’auteur de l’article publié par Variety, Ramin Setoodeh, a maintenu sur Twitter ne pas avoir déformé les déclarations de Cate Blanchett:

«Quand j’ai demandé à Cate Blanchett si elle avait des relations lesbiennes dans la vraie vie, elle a dit “De nombreuses”. Elle a été correctement citée.»

Même si on adorerait pouvoir réellement accueillir Cate Blanchett dans la communauté LGBT, force est de constater que ce n’est pas la première fois qu’un article de Ramin Setoodeh pose problème (il a par exemple écrit que les acteurs homos ne peuvent pas incarner des personnages hétéros, ou que Glee et Ugly Betty donnent une mauvaise image des homos) et que sa crédibilité en a pris un coup au fil des années.

Cate Blanchett ne s’est pas contentée de réfuter: «Mais en 2015, la question devrait être: qui ça intéresse? Vous pourrez dire que je suis ringarde, mais il me semble que le travail d’un acteur ou d’une actrice n’est pas de présenter son propre petit univers sans intérêt mais de créer une connexion psychologique avec les expériences d’un autre personnage. Ma vie n’intéresse personne. Ou peut-être que si. Mais ça ne m’intéresse pas de partager mes propres pensées et opinions.»

Et pourtant, comme le souligne la blogueuse Dorothy Snarker, «quand bien même nous aimerions vivre dans une utopie post-sexualité où chacun.e accepte tout des autres, on n’en est pas encore là. Et de loin. Au contraire, nous vivons dans un monde qui nous met dans des catégories, de même que notre valeur, nos droits et – bien trop souvent – notre sécurité en fonction de notre orientation sexuelle ou du genre auquel nous nous identifions. Alors quand des acteurs ou actrices (et je ne dis pas que c’est ce qu’à fait Cate ici, je fais juste une remarque) se mettent à côté de nous et disent, “Hey, je suis comme vous, moi aussi”, on a envie qu’ils et elles le pensent vraiment. Parce que plus il y aura de gens qui le pensent, plus il y aura de gens qui le disent, plus nous nous approcherons de cet univers idéalisé d’acceptation et d’ouverture à tou.te.s.»

En attendant, on se contentera de Carol.