Anna Madrigal (The Days of Anna Madrigal, en anglais) est le neuvième et ultime tome des Chroniques de San Francisco. Ou plutôt, il s’agit, après Michael Tolliver est vivant et Mary Ann en Automne, du troisième livre consacré à un personnage particulier de la série initiale, publiée entre 1978 et 1989, qui comprend six tomes.

Comme son nom l’indique, Anna Madrigal se concentre principale sur le personnage phare de la série, l’ex-tenancière du lotissement situé au 28, Barbary Lane de San Francisco, là où ont cohabité tous les personnages principaux de la série: Michael, Mary Ann, Brian ou Mona. Anna a désormais 93 ans et vit avec un jeune homme trans’ qui s’occupe d’elle.

Près de 40 ans après l’avoir créée, Armistead Maupin livre enfin la clé du mystère Madrigal, en revenant sur son enfance dans la petite ville sans âme de Winnemucca, dans le Nevada, où sa mère tenait jadis un bordel. Ce sont ces passages-là les plus réussis.

BRIAN, MICHAEL, MARY ANN ET LES AUTRES
Les autres personnages des Chroniques sont également évoqués, mais ils sont devenus un peu ennuyeux. Brian semble avoir enfin trouvé la femme qui lui convient. Michael Tolliver coule des jours paisibles avec le compagnon qu’il a épousé. Mary Ann s’est éloignée de ce petit groupe, mais tous gardent une certaine affection pour elle, en souvenir du passé. Seule Shawna, fille biologique de l’ancienne meilleure amie de Mary Ann, Connie Bradshaw, que Brian a élevée après la mort de Connie, semble en mesure de reprendre le flambeau spirituel du 28, Barbary Lane et de la douce folie qui y a régné jadis. Pour le bouquet final, l’ancienne et la nouvelle génération des Chroniques vont se retrouver au Burning Man, le festival le plus bobo de la planète.

En faisant la paix avec les démons de son adolescence, Anna Madrigal boucle définitivement la boucle des Chroniques de San Francisco. Plus qu’une conclusion à une épopée qui a marqué plusieurs générations de lectrices et de lecteurs, Anna Madrigal constitue au fond une invitation à relire les premiers livres. Les Chroniques sont mortes? Vive les Chroniques!

Anna Madrigal, Armistead Maupin, Editions de l’Olivier, 304 p., 21€.

Cette critique est extraite des Lectures de Yagg du 15 mai:Les Lectures de Yagg: «Anna Madrigal», «Richie», «Fairyland», «Ladies’ Taste»…