Un coup de sifflet contre l’homophobie. C’est le premier acte d’une nouvelle campagne de lutte contre les discriminations dans le sport dont le coup d’envoi est donné, mercredi 13 mai, à quelques jours de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai. Suivront en novembre un volet de sensibilisation sur le handicap, un autre le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, sur le sexisme et un quatrième à l’occasion de la journée de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, le 21 mars. La campagne commence à Paris où les affiches – des insultes barrées des mots «coup de sifflet» – sont déployées du 13 au 19 mai. Elles ont également été envoyées aux fédérations sportives et aux creps, les centres d’entraînement de haut-niveau.

«C’est une campagne qui peut prendre une ampleur nationale», espère Maguy Nestoret-Ontanon, à l’origine du projet. Chargée par le ministère des Sports d’une mission sur la lutte contre les discriminations dans le sport, elle a soumis ce projet de sensibilisation au long cours à Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et Thierry Braillard, secrétaire d’état chargé des Sports. Comme l’indiquent les ministres dans un éditorial sur le site du ministère, «aucune politique publique ne sera aussi efficace que la prise de conscience individuelle: nous sommes tous potentiellement responsables de la propagation des stéréotypes homophobes, sexistes ou racistes sur lesquels se fondent les discriminations».

La campagne est portée par une vidéo voulue comme un long coup de sifflet relayé par de très nombreux/ses athlètes, le fooballeur de Lille Rio Mavuba, toute l’équipe de football masculine de Caen, l’ancienne épéiste Laura Flessel, notamment marraine de la candidature des Gay Games 2018, le skieur Jean-Baptiste Grange, son aînée Florence Masnada, l’équipe de France de natation synchronisée, les anciens footballeurs Eric Cantona et Lilian Thuram, le cycliste sur piste Grégory Baugé, le sprinteur Jimmy Vicault, Michaël Jérémiasz, champion handisport de tennis, ou encore des membres de l’équipe de France de judo.

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L’idée? En finir avec les stéréotypes: «La cible que nous voulons atteindre, c’est celle de l’homophobie ordinaire», indique Maguy Nestoret-Ontanon, qui pour le premier volet de cette campagne a travaillé avec SOS homophobie et la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL). Il s’agit de rappeler, tout simplement, que les mots ont un sens. Nommée en mai 2014, tout d’abord concentrée sur la question de l’homophobie, l’ancienne championne de France du 200 mètres a-t-elle vu des évolutions dans son cheminement auprès du monde du sport? «Quand je suis arrivée, les fédérations ne se sentaient pas complètement concernées. Ce n’était pas un désintérêt, mes interlocuteurs me disaient qu’ils n’avaient pas vu de cas remonter vers eux.

«J’ai senti une très bonne volonté du milieu sportif, mais ils ont besoin d’outils. Je trouve aussi que les sportifs ont une maturité qu’il n’y avait peut-être pas il y a quelques années».

Elle souligne que beaucoup de choses ont déjà été faites en ce sens : «J’ai pris le relais». Le ministère des Sports avait, par exemple, mis en place en mai 2011 par la ministre Chantal Jouanno, le comité permanent de lutte contre les discriminations présidé alors par Laura Flessel.

«Nous sommes peut-être allés plus loin dans le suivi individuel avec les fédérations, poursuit Maguy Nestoret-Ontanon qui a rencontré, en un an, plus de 80 d’entre elles. Il est important d’avoir un référent éthique et valeurs du sport auprès des fédérations.»

Depuis mars 2015 elle embrasse un domaine plus vaste, de la lutte contre le sexisme, le racisme ou l’antisémitisme, la sensibilisation autour du sport et du handicap, que pense-t-elle de cette convergence des luttes?

«Il ne faut pas noyer les discriminations, ne pas les hiérarchiser. C’est pour cela que nous avons choisi d’adosser les quatre thèmes autour de dates clefs, ce qui permettra également à cette campagne de vivre jusqu’en mars 2016 et pourquoi pas encore plus longtemps.»